Nice: Selon une étude nutritionnelle, les petits farcis et autres spécialités niçoises sont «healthy»

GASTRONOMIE Une nutritionniste-diététicienne a analysé la cuisine niçoise. Elle serait aussi « bonne pour la santé » que le régime crétois

Mathilde Frénois

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Les petits farcis concoctés par Olivier Streiff.
Les petits farcis concoctés par Olivier Streiff. — Guillaume Barclay

Bien sûr, Félix Macri fait quelques exceptions. Il lui arrive d’abandonner ses habitudes pour « manger au McDo avec les enfants » ou aller au restaurant pour plus d’exotisme. Mais au quotidien, il « mange niçois ». Convaincu que la cuisine traditionnelle est bonne pour la santé, le président de l’association Remembrança nissarda a commandé une étude diététique et nutritionnelle de la cuisine nissarde. Résultat après l’analyse de 21 plats en un an : « C’est une cuisine méditerranéenne et bonne pour la santé », se réjouit Félix Macri.

Une cuisine d’aqui.

Pour trouver les ingrédients des recettes, nul besoin de faire le tour de la planète. « A l’époque, il n’y avait pas de transport. On cuisinait les poissons des pêcheurs de Nice, les légumes du jardin ou des maraîchers, explique la nutritionniste-diététicienne Ysabelle Levasseur. Qui dit produits locaux, dit peu de transports et moins de pertes en minéraux et en vitamines. »

A chaque plat son apport. Le stockfish est bourré de protéines, d’oméga 3 et de glucides ; la bagna cauda de vitamines C, A et D, de fibres, de minéraux et d’oméga 3 ; les petits farcis sont « presque un plat complet avec peu de glucides et de protéines animales ».

Des produits de saison.

Cette bonne teneur en vitamines, la cuisine niçoise la doit aussi au fait qu’elle utilise des légumes de saison. On ne cuisine pas les petits farcis en plein hiver. « Et l’avantage du climat de la Côte d’Azur, c’est que l’on peut avoir des courgettes tardivement, pointe la nutritionniste. La cuisine niçoise, c’est comme le régime crétois. On retrouve dans toutes ces cuisines méditerranéennes de grandes dominantes : elles sont équilibrées avec de l’huile d’olive, des légumes, du poisson. Le fameux pissala, par exemple, est riche en protéines et en oméga 3. »

Vegan friendly.

Panisse, socca, beignet de fleurs de courgette, gnocchis, tian… « Le top du top, c’est cette vague de cuisine végétarienne, se réjouit Félix Macri. Les merda di can sont très intéressantes pour ceux qui ne mangent pas de viande. »

Se faire plaisir pour les exceptions

Et oui, comme dans toutes les cuisines, il existe les produits moins « healthy ». La pissaladière est « un peu salée » et la tourte de blette ne convient pas aux femmes enceintes et aux enfants, l’eau-de-vie faisant partie de la recette. Le régime est aussi mis à mal par les ganses, ces beignets du carnaval. « Les produits gourmands ne sont consommés que lors des fêtes et des occasions, dit Ysabelle Levasseur. Bien sûr que la ganse, c’est gras et sucré, mais on ne la mange pas toute l’année. »