Côte d'Azur: Cédric Herrou interpellé pour la 11e fois à la frontière franco-italienne

FRONTIERE L'agriculteur-militant dans la vallée de la Roya a finalement été remis en liberté sans poursuites

20 Minutes avec AFP

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Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice
Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Cédric Herrou se trouvait sur la route pour le marché, accompagné de deux compagnons Emmaüs, quand il a été arrêté.
  • Il était en train de filmer un contrôle de police à la frontière franco-italienne.

C’est la onzième fois qu’il est arrêté lors d’un contrôle de police près de la frontière italienne. L’agriculteur militant Cédric Herrou a été interpellé samedi et placé en garde à vue à Nice. Il a été remis en liberté vers 18h30, sans poursuites contre lui « à ce stade » selon son avocat, Zia Oloumi.

Cédric Herrou, qui a monté la première communauté rurale Emmaüs de France sur sa propriété de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), a été interpellé en début de matinée sur l’autoroute A8 au péage de La Turbie, avec deux compagnons d’Emmaüs.

Vendre ses œufs et ses légumes

« Il se rendait, comme fréquemment, au marché de Saint-André-de-la Roche près de Nice pour vendre ses œufs et ses légumes quand les CRS l’ont contrôlé ainsi que ses deux passagers », raconte Me Oloumi. « Cédric a alors filmé ses compagnons en train de se faire contrôler par les policiers lorsque ces derniers lui ont intimé l’ordre d’arrêter. Cédric a indiqué qu’il était en droit de filmer et là, ils l’ont plaqué contre sa voiture et placé en garde à vue », ajoute l’avocat.

Selon Me Oloumi, les policiers ont évoqué un motif d'« aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière », avant de se rendre compte que les deux compagnons d’Emmaüs qui étaient avec Cédric Herrou, originaires d’Afrique, étaient en situation régulière. Ces deux personnes ont été libérées plus tôt dans la journée, avant Cédric Herrou, selon Me Zia Oloumi.

« Ça suffit l’arbitraire »

Dans un tweet, le député LFI Jean-Luc Mélenchon s’est indigné : « Le nouveau placement en garde à vue de Cédric Herrou est un acte de vengeance d’une police qui ne supporte pas la décision de justice qui l’a relaxé. Ça suffit l’arbitraire ! »

Condamné à une amende par le tribunal correctionnel de Nice en mars 2017 pour avoir apporté de l’aide à des migrants, Cédric Herrou avait vu sa peine alourdie en appel à Aix-en-Provence en août 2017. Ses avocats avaient ensuite saisi avec succès la Cour de cassation, obtenant une décision historique du Conseil constitutionnel validant le principe de fraternité. Il doit être rejugé par la cour d’appel de Lyon à une date qui n’a pas encore fixée. Cédric Herrou est actuellement aussi sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une instruction en cours au tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) pour « aide au séjour irrégulier ».