Saorge : Leur route de montagne s’effondre, des habitants coupés du monde

MONTAGNE Les travaux du mur de soutènement ont commencé ce lundi et devraient durer trois semaines

Mathilde Frénois

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Une partie de la route de Saorge s'est effondrée pendant les intempéries.
Une partie de la route de Saorge s'est effondrée pendant les intempéries. — B. Bresc
  • C’est le conseil départemental qui gère cette route et qui a démarré les travaux ce lundi matin.
  • Le chantier a été estimé à 80.000 euros pour une durée de trois semaines.

Saorge est un petit village accroché à la montagne, tout près de la frontière italienne. Mais Hélène n’habite pas près des commodités. Sa maison a été construite au Cairos, un hameau au bout d’une route étroite avec des virages en épingle. Depuis mardi, cette route départementale 40 s’est en partie effondrée. Et Hélène s’est retrouvée isolée du reste de la commune, comme une vingtaine d’autres habitants.

A Saorge, les travaux ont commencé ce lundi et devraient durer trois semaines.

« C’est bien tombé. On avait une voiture ici et une voiture en bas, se rassure l’Azuréenne. Du coup, on va en voiture jusqu’à l’éboulement, on traverse à pied et on monte dans l’autre véhicule après. » Hélène est patiente. Mais parmi ses voisins, certains travaillent ou ont des soucis de santé. La commune a donc proposé de les reloger, tous ont refusé. « C’est une route de montagne où les gens sont disséminés sur plusieurs kilomètres, explique la maire de Saorge Brigitte Bresc. Les travaux vont être compliqués parce que c’est un mur de 15 mètres de haut qui soutient la route qui s’est affaissée. Et dessous passe la canalisation en fonte. Si elle casse, c’est tout le village qui est privé d’eau. »

« Ce qui est compliqué, c’est l’urgence »

C’est le conseil départemental des Alpes-Maritimes qui gère cette route et qui a démarré les travaux ce lundi matin, pour un budget de 80.000 euros et une durée de trois semaines. « En attendant, on a balisé un sentier-piéton pour que les habitants puissent passer. Et on a protégé et bâché le mur en question : on dévie l’eau qui arrive pour que ça ne s’aggrave pas, détaille Anne-Marie Mallavan, directrice des routes et des infrastructures. On surveille tous nos ouvrages très régulièrement. Au total, nous avons 3.200 murs, soit 540 000 m2. La subdivision passe régulièrement et enlève la végétation. Ce qui s’est passé à Saorge, c’est qu’une grosse coulée d’eau a emporté le mur. »

« Je ne me sens pas coupée du monde. C’est comme ça quand on habite dans un endroit où des pierres tombent. Il y a plus grave dans la vie, estime Hélène. Ce qui est compliqué, c’est l’urgence. Si quelqu’un est malade, on ne pourra pas faire monter l’ambulance et l’hélicoptère ne se déplace qu’en journée. » Alors la solidarité apparaît entre les habitants. La dernière fois qu’elle est descendue au village, Hélène a rapporté des médicaments à sa voisine.

Une vie différente s’organise dans les hameaux de Saorge. Coupés du monde, les habitants doivent désormais randonner pour aller au travail ou faire les courses. Une vie qui en rappelle une autre : en avril 2018, un pan de montagne s’était effondré dans le village voisin de Sospel.