Nice: Quand les vignes des vins de Bellet s'invitent en ville

AGRICULTURE L’appellation des vins de Bellet est la seule AOP à prendre totalement racine à l’intérieur d’une grande ville

Mathilde Frénois

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Les vignes de Bellet et ses domaines dominent la ville de Nice.
Les vignes de Bellet et ses domaines dominent la ville de Nice. — Domaine de Toasc

Octobre vient de commencer et Jean Spizzo a déjà fini les vendanges. « Le plus vieux vigneron de Bellet » passe désormais ses journées près de la cuve, pour s’assurer de la réussite de la vinification. Aujourd’hui gérant de 4,5 hectares en bio sur le domaine de Collet de Bovis, Jean Spizzo a été le vigneron qui a démarré le vin AOC, avec son millésime 1991. Depuis, les vins de Bellet sont devenus les seuls à prendre racine entièrement sur le territoire d’une grande ville. A l’occasion de la fête des vendanges de Nice ce dimanche, on fait les présentations de cette appellation.

« Le fait d’être en ville ne change pas tellement le goût, explique Jean Spizzo. On est sur des collines encore à l’écart de l’agglomération, tout en étant sur le territoire de la ville de Nice. Sur nos collines protégées, il y a un microclimat intéressant, avec le vent de la mer qui apporte des notes iodées. » Des influences qui se retrouvent dans le goût des vins. « Le rosé a des notes iodées, d’iris, de fraise, de fruit exotique, détaille-t-il. Le blanc dégage des notes d’agrumes, notamment de pamplemousse, et le rouge, des notes épicées au nez, de fruits rouges et noirs. C’est un vin qui gagne à vieillir. »

Un sol « de sable et de galets »

L’air a donc une influence, mais aussi la terre. « La vigne est un végétal qui se plaît bien dans les sols arides. A Bellet, on est sur un sol très filtrant, fait de sable et de galets », détaille Bruno Lust, gérant de Château de Crémat et du domaine de Toasc où les vendanges ne sont pas encore terminées. Sur 18 hectares cultivés, ce vigneron produit 30 000 bouteilles en moyenne. « Ce sont de petites productions, reconnaît-il. Nous faisons de petits rendements, mais il y a une concentration des goûts. »

De faibles quantités qui se répercutent forcément sur les prix. Bruno Lust vend ses bouteilles entre 26 et 30 euros, Jean Spizzo entre 16 et 19 euros. Uniquement des productions en agriculture biologique, comme la grande majorité des vins de Bellet. « On retrouve des arômes que les produits chimiques enlevaient en partie, estime Bruno Lust. Ce qui n’est pas négligeable, c’est que le biotope végétal et animal autour se recrée. » Pour faire perdurer un peu de nature en pleine ville.

Les vins de Bellet se convertissent au bio