Nice : « Beaucoup d’incompréhension », certaines concessions de plagistes n’ont pas été renouvelées

LITTORAL Sur 17 établissements de bain à Nice, six n’ont pas été prolongés

Mathilde Frénois

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Miami Beach n’existera plus, sa concession n’ayant pas été renouvelée par la métropole Nice Côte d'Azur.
Miami Beach n’existera plus, sa concession n’ayant pas été renouvelée par la métropole Nice Côte d'Azur. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Les concessions des plages de Nice changent : sur quatorze restaurants, cinq ne sont pas renouvelés, remplacées par d’autres enseignes.
  • Idem pour l’une des trois bases nautiques.

Les plagistes de Miami Beach ont choisi la métaphore cinématographique. Sur les réseaux sociaux, ils ont expliqué le « The End » de l’aventure de leur restaurant sur les galets de la promenade des Anglais à Nice. « Le clap de fin est arrivé pour nous, écrivent-ils. Nous ne vous cachons pas que nous sommes extrêmement déçus et sommes dans l’incompréhension face à la mairie, aux élus et au conseil départemental. » Car l’établissement ne pourra rouvrir la saison prochaine. Les concessions des plages de Nice changent : sur quatorze restaurants, cinq ne sont pas renouvelés, remplacées par d’autres enseignes. Idem pour l’une des trois bases nautiques.

« On ne s’y attendait pas. Il y a beaucoup d’incompréhension, explique Philippe Taillade, gérant de Miami Beach. Notre établissement est hors zone hypertouristique : il est difficile à travailler, il faut des gens du cru. On croyait avoir réussi. » C’est la métropole qui gère l’attribution des plages. Une étude de marché concurrentielle a été lancée pour réattribuer celles-ci avant le 31 décembre. Espace, matelas, restauration, activités proposées, équipements, investissements… L’ensemble du projet a été passé en revue.

Code de commande publique

« Le code de la commande publique dit qu’il faut mettre en concurrence et attribuer nos concessions à la meilleure offre, détaille le directeur général des services de la métropole Nice Côte d’Azur, Lauriano Azinheirinha. Ce code de la commande publique ne prévoit aucune disposition juridique pour favoriser un sortant. On analyse l’offre des candidats à l’instant T. Il y a des gagnants et des perdants. Ça fait des dégâts et ça nous attriste. »

Cela fait huit saisons que Philippe Taillade travaille avec 25 salariés réguliers au 197, promenade des Anglais. « Tout a été refait : le carrelage, les structures extérieures, la cuisine, le bar, énumère-t-il. Il ne manquait plus que l’ascenseur. » Des équipements qui seront légués au prochain concessionnaire. « Là où il y a une incompréhension, c’est que les investissements passés ne comptent pas dans le projet, explique Lauriano Azinheirinha. Ils sont censés être amortis par le délai de la concession passée. »

Voilà pourquoi l’angoisse a même envahi les gérants dont le contrat a été renouvelé. « Le problème, c’est que ces codes de marché public et le mode d’attribution sont très durs, pointe René Colomban, président des plagistes niçois. Comme c’est de plus en plus codifié, c’est de plus en plus stressant. » Maintenant que le patron du Blue Beach est reparti pour douze ans, il doit assumer ses promesses d’investissements et de travaux, sans avoir la certitude que la concession lui sera reconduite en 2032.