La sculpture est installée sur le parvis privé d’un hôtel de Menton
La sculpture est installée sur le parvis privé d’un hôtel de Menton — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

EXPOSITION

Menton : A la Biennale d’art contemporain sacré, une statue « anti-IVG » passe très mal

L’œuvre d’une artiste néerlandaise représente la Vierge Marie penchée sur des bébés morts

  • La première édition de la Biennale d’art contemporain sacré se déroule à Menton jusqu’à la fin du mois d’octobre.
  • L’œuvre d’une artiste néerlandaise représente la Vierge Marie penchée sur des bébés morts.
  • Une sculpture clairement anti-IVG pour plusieurs associations qui réclament qu’elle soit déplacée dans un endroit fermé.

La première édition de la Biennale d’art contemporain sacré (BACS) de Menton ( Alpes-Maritimes) a bénéficié d’une exposition inattendue. Depuis quelques jours, ce rendez-vous organisé dans le Grand Hôtel des Ambassadeurs fait beaucoup parler… à cause d’une sculpture exposée sur le parvis de l’établissement.

Ce bronze de l’artiste néerlandaise Daphnée Du Barry, et baptisé Notre-Dame des innocents, représente la Vierge Marie penchée sur les corps de bébés morts. Une œuvre clairement anti-IVG pour le Planning familial des Alpes-Maritimes.

Le maire de Menton sollicité

L’association, qui organisait une manifestation lundi soir, a même interpellé le maire (LR) de Menton. Dans un courrier cosigné avec plusieurs autres fédérations et adressé à Jean-Claude Guibal, le collectif réclame que « cette statue qui, certes se situe dans un domaine privé mais est visible de l’espace public, soit déplacée dans un espace uniquement privé puisqu’elle diffuse un point de vue interdit par la loi ».

« Toutes les pensées peuvent s’exprimer à travers l’art, bien sûr, mais là, le problème est que cette statue est placée à la vue de toutes les passantes et qu’elle demande aux femmes qui ont avorté de s’en repentir. Avorter est un droit​. Est-ce bien nécessaire de juger, de culpabiliser ou de moraliser », s’agace Claire Moracchini, la coordinatrice du Planning familial 06.

Son courrier n’a pas reçu de réponse, et la mairie, interrogée par 20 Minutes se borne à dire qu’« il s’agit d’une affaire de droit privé dans laquelle les pouvoirs du maire ne peuvent s’exercer. » En attendant, Liana Marabini, l’organisatrice de l’événement voit dans cette demande « de cacher les œuvres d’art » une action « réactionnaire et honteuse, digne des pires dictateurs nazi-communistes ». Pas de quoi, sans doute, rétablir un dialogue.