Nice: Un bout d'histoire retrouvé sur le chantier du tramway à admirer sur les quais

ARCHEOLOGIE Une tour Sincaïre qui servait à protéger la ville des tirs d’artillerie au XVe siècle avait été mise au jour lors de fouilles préventives

Fabien Binacchi

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Retrouvée à l'occasion de fouilles préventive, l'ancienne tour Sincaïre a été remontée dans la station Garibaldi
Retrouvée à l'occasion de fouilles préventive, l'ancienne tour Sincaïre a été remontée dans la station Garibaldi — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • La station Garibaldi sera inaugurée en décembre en même temps que le dernier tronçon souterrain de la ligne 2 du tramway de Nice.
  • Les vestiges de l’ancienne tour Sincaïre, retrouvée pendant des fouilles préventives, y seront mis en scène.
  • Cet ouvrage servait à protéger l’une des anciennes entrées de la ville au XVe siècle.

En donnant les premiers coups de pioche rue Ségurane, dans le cadre de fouilles préventives pour la construction de la ligne 2 du tramway, les archéologues de la ville de Nice étaient tombés sur un os. Plusieurs même. Des restes humains dans une nécropole du IIe siècle, une route pavée de l’époque gallo-romaine et une tour Sincaïre.

Et c’est justement les restes de cet ouvrage, érigé à la fin du XVe siècle, que les usagers du tramway pourront bientôt admirer dans la future station Garibaldi, encore en travaux.

Conçue pour résister aux tirs d’artillerie

« En niçois, Sincaïre signifie 'cinq côtés'. C’était donc une tour pentagonale qui permettait de renforcer les fortifications sur les points faibles », explique Romuald Mercurin, attaché de conservation au service archéologique de la métropole Nice Côte d’Azur. Elle aurait notamment subi le siège franco-turc de 1543.

« Celle-ci a la particularité d’être creuse et rempli par un remblai. Il s’agit une innovation pour l’époque qui assurait une meilleure résistance contre les tirs d’artillerie. Elle était installée à l’angle de la courtine du Moyen Âge. Elle défendait une des entrées possibles de Nice », avance encore ce spécialiste de l’histoire de la capitale azuréenne.

Démontée pierre par pierre et remontée dans la station

Le flanc droit ainsi qu’un angle flanqué ont été conservés. Et ils trônent désormais à 24m de la surface, juste à côté des quais. « La tour a été démontée pierre par pierre. Elles ont été numérotées et remontées une par une dans la station », détaille Romuald Mercurin.

Dans la halte de Garibaldi, ce témoin de l’histoire niçoise côtoiera une œuvre d’Ernest Pignon Ernest. Et c’est dès le mois de décembre, avec la mise en service du dernier tronçon en souterrain de la ligne 2 du tramway de Nice, entre Jean-Médecin et le port Lympia, qu’ils pourront être admirés. Avant ça, la ligne 3 doit aussi être inaugurée.