Nice : Le nouveau réseau de bus « pas très malin » fait râler les usagers

TRANSPORT Après la réorganisation du réseau de transport en commun, la semaine dernière, la ville de Nice a réajusté ses lignes, au niveau de l’amplitude horaire et du parcours

Mathilde Frénois

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La signalétique improvisée du nouveau réseau de bus à Nice.
La signalétique improvisée du nouveau réseau de bus à Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Le chamboule-tout dans le réseau de transport a déboussolé certains utilisateurs. Et ça agace l’opposition PS.
  • Pour eux, la réorganisation est « trop brutale » et « prématurée ».
  • La ville de Nice a déjà effectué des ajustements et réfléchi à de nouveaux aménagements.

Il y a exactement une semaine, le réseau de bus de la ville de Nice était totalement chamboulé. C’est ce jour-là que les transports quotidiens de Danielle ont été bouleversés. « Je prenais la ligne 3 pour aller à l'hôpital l'Archet. Maintenant, je dois prendre les deux trams et la 6, réfléchit-elle. Tous ces changements, c’est compliqué, surtout quand l’escalator est en panne, parce que j’ai un problème au genou. »

Le chamboule-tout dans le réseau de transport a déboussolé certains utilisateurs. Et ça agace l’opposition PS : « Il y a des gens pour qui le temps de trajet domicile-travail a augmenté de 20 à 25 minutes. Ce n’est pas rien dans le quotidien des gens, estime Patrick Allemand. Au mieux on a une situation identique, au pire une détérioration. » Pour les élus de l’opposition, la réorganisation est « trop brutale » et « prématurée ». Ils proposent de « remettre en service les lignes interurbaines jusqu’au centre-ville » et de refaire passer les bus devant les gares Thiers et Riquier. Ils veulent des bus « en complément aux heures de pointe » et des « rames supplémentaires ». «On fait de l’inter-pédestre pour l’instant, raille sa consœur Christine Dorejo. Pour le moment sur la ligne 1, c’est 400 mètres maximum entre deux arrêts. Avec la ligne 2, on se retrouve avec des arrêts avec 800 mètres d’écart. Il faut marcher.» C’est la qualité de la desserte qui dérange : le PS pointe des problèmes d’efficacité sur les lignes 6, 8, 17 et 20 notamment.

« Des rectifications »

« Nous avons prévu qu’il y aurait 10 % d’ajustement, a expliqué lundi le maire LR de Nice Christian Estrosi. Nous allons apporter des rectifications. » C’est déjà le cas de la ligne 7 qui est finalement prolongée pour permettre « d’améliorer la desserte de L’Ariane et de La Trinité grâce à une plus grande amplitude horaire allant de 4h30 à 1h du matin ». Une extension qui sera mise en place le 23 septembre. « La Métropole Nice Côte d’Azur et Lignes d’Azur mèneront également une étude pour ajuster les lignes 85 et 86 pour leur permettre de mieux répondre aux besoins des usagers », indiquent également les services de la ville. La ligne T57 desservira désormais la gare Thiers à partir du lundi 16 septembre. Aussi, les lignes 37, 31 et 22 ont déjà été réajustées.

« Deux cents personnes ont été positionnées sur le terrain chaque jour, depuis le vendredi 31 août, afin d’informer et d’assister les voyageurs dans leur trajet, détaille la mairie dans un communiqué. Chaque jour, à 17 heures, une commission de suivi élargie se réunit afin de lister les remarques ou possibles problèmes rencontrés par les utilisateurs, mais aussi par le personnel de conduite : signalétique, régularité, itinéraire, points d’arrêts… et conditions de travail du personnel. Une deuxième commission restreinte se tient tous les matins à 7 heures. »

« Je n’aime pas les changements »

Retour à la sortie Jean-Médecin de la ligne 2 du tram. Susan trouve « pas très malin » le nouveau plan de transports. Avant, elle prenait le 22 entre son domicile sur Jean-Médecin et la fac de lettres. Une ligne directe. Ce bus n’existe plus. Désormais, elle doit prendre le tram puis le bus. Et Susan gagne du temps. « Oui, mais je trouve ça moins pratique de changer de bus. Ça me saoule. Je préférais avant, affirme-t-elle. Mais dans tous les cas, je n’aime pas les changements. »

Il est peut-être là le problème. Tout est une question d’adaptation. Si 800 bus ont été supprimés sur la promenade des Anglais, c’est que le tram s’y substitue. Il faut donc l’emprunter sur cette partie du trajet. Si les bus départementaux s’arrêtent en périphérie de Nice, c’est pour éviter un engorgement du centre-ville. C’est l’effort à faire pour vivre dans une ville moins polluée et plus fluide.