Nice: Estrosi et le maire d'Ajaccio réclament «toute la lumière» sur le crash d'une Caravelle en 1968

ENQUETE Christian Estrosi et Laurent Marcangeli ont publié une tribune commune pour réclamer la levée du secret-Défense

F.B. avec AFP

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Une Caravelle d'Airbus, ici aux couleurs d'Air Inter
Une Caravelle d'Airbus, ici aux couleurs d'Air Inter — F. Scheiber/20 Minutes

Ils signent une tribune. A quelques jours des commémorations du crash du vol Ajaccio-Nice du 11 septembre 1968, les maires de Nice et Ajaccio réclament « toute la lumière » sur le drame, dans une lettre transmise ce lundi au nom des familles des victimes.

Citant Nietzsche, selon qui « rien n’est plus nécessaire que la vérité », Christian Estrosi (LR), maire de Nice, et Laurent Marcangeli (sans étiquette, ex-LR), maire d’Ajaccio, dénoncent « 51 ans de mutisme, pour ne pas dire d’indifférence de l’État ».

Ce jour-là, la Caravelle s’abîmait au large d’Antibes, faisant 95 victimes. L’enquête débouchait sur un non-lieu, concluant à un incendie à bord lié au chauffe-eau. En 2011, le dossier était rouvert pour «soustraction et recel de preuves».

« Grand temps de passer de la parole aux actes »

Début 2018, le juge d’instruction chargé de l’enquête requérait une levée du secret défense. Alain Chemama a estimé qu’il fallait prendre « très au sérieux » la thèse d’un tir de missile accidentel touchant l’arrière de l’appareil.

Fin décembre, Emmanuel Macron avait semblé réceptif à cette demande, souhaitant « que la lumière soit faite sur cette tragédie ». Dix-sept mois plus tard, aucun document n’a pu être consulté, et la commission du secret de la défense nationale n’est pas saisie.

« Il est temps, grand temps de passer de la parole aux actes, nous le devons aux familles », commentent les deux maires. « La raison d’État, le "secret-Défense" ne sauraient être des alibis plus longtemps », estiment-ils. Mardi et mercredi, Ajaccio et Nice organiseront, comme chaque année, des messes du souvenir en hommage aux 95 victimes.