VIDEO. Féminicide à Cagnes-sur-Mer : « Il faut que ça bouge », un rassemblement en hommage à Salomé, la 100e femme tuée par son conjoint

VIOLENCES CONJUGALES Près de cent personnes se sont rassemblées à la gare de Cagnes-sur-mer, lieu où le corps de la jeune a été découvert

Mathilde Frénois
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A Cagnes-sur-mer, près de cent personnes ont rendu hommage à la centième victime de féminicide.
A Cagnes-sur-mer, près de cent personnes ont rendu hommage à la centième victime de féminicide. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Ils tiennent des panneaux. Parfois des fleurs. Lundi soir devant la gare de Cagnes-sur-mer, près de cent personnes se sont rassemblées. Toutes tenaient à rendre hommage à Salomé, une jeune femme morte sous les coups de son conjoint ce week-end. Elle est la 100e victime de féminicide en France en 2018.

A quelques mètres de là de l’autre côté de la voie ferrée, Salomée a été retrouvée morte au fond d’un petit parking. C’est là que Céline a apporté une fleur de laurier. « Je voulais prendre un bouquet mais je suis partie trop tard, dit-elle. C’est terrible ce qui s’est passé. »

« C’est arrivé à ma cousine »

A la gare, une centaine de personnes tient de petites pancartes. Sur celle de Marisa est inscrit « Taïna » et « Céline ». Deux femmes tuées cette année. « Je ne me suis pas posé la question : je suis venue, affirme-t-elle. Il faut que ça cesse, il faut que ça bouge. » Marisa voudrait « des peines plus lourdes », « plus de moyens » et « aucune circonstance atténuante » pour les auteurs.

Ayoub regarde le rassemblement de loin. Le jeune homme s’est mis en retrait. La mort de Salomée lui rappelle un triste souvenir personnel. « C’est déjà arrivé à ma cousine. Elle est morte en 2006 à Paris. J’avais dix ans, c’est une grande cicatrice pour moi, confie-t-il. On aura beau engager l’armée et dépenser des milliards, il y aura toujours des cons. Je ne vois pas de solution. En 2019, avec tous les modes de surveillance, on n’est toujours pas à l’abri des violences conjugales. » Même quand elles se déroulent dans la rue.

C’est « un pied dépassant du tas d’ordures » qui avait permis à des riverains de faire cette macabre découverte. Le compagnon de Salomé, Amin, a été interpellé dimanche en début d’après-midi. Placé en garde à vue, il nie pour l’instant être l’auteur des nombreux coups mortels, ne reconnaissant que la dispute. Une information judiciaire pour « homicide par concubin » devrait être requise mardi. Après le rassemblement, quelques fleurs et bougies ont été déposées sur le lieu du drame.