Russie: Une pétition pour durcir la législation sur les violences domestiques recueille 650.000 signatures

CAMPAGNE De nombreuses internautes ont participé à une vaste campagne choc en ligne pour inciter le gouvernement à créer une loi contre les violences domestiques

20 Minutes avec AFP
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Harcèlement sexuel, agressions, les femmes réagissent avec le hashtag #Metoo
Harcèlement sexuel, agressions, les femmes réagissent avec le hashtag #Metoo — pixabay

Une pétition pour demander aux autorités un durcissement de la législation sur les violences conjugales en Russie a recueilli près de 650.000 signatures lundi. Le texte a été promu dans une vaste campagne choc sur les réseaux sociaux pour dénoncer les violences domestiques.

Une douzaine de blogueuses et de militantes russes, suivies par des millions de personnes sur diverses plateformes, ont commencé il y a dix jours à poster des photos d’elles portant du maquillage suggérant des hématomes, des coupures et du sang, accompagnées du slogan : « Je ne voulais pas mourir ».

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После вчерашней ситуации в Раменском я просто в шоке ⠀ Я и многие блогеры участвуем во флешмобе #ЯНеХотелаУмирать. ⠀ Около 40 женщин в день умирают от домашнего насилия. Это 14.000 человек в ГОД... ⠀ Хэштэг #ЯНеХотелаУмирать появился не просто так: он посвящен одновременно женщинам, которых убили в результате домашнего насилия (они не хотели умирать), а также женщинам, которые сейчас отбывают срок за убийство партнера в рамках самообороны от домашнего насилия — то есть в трактовке: «я не хотела умирать и поэтому оборонялась от агрессора». Если бы закон был, он защитил бы таких женщин еще до смерти партнера и не вынудил бы их пойти на крайнюю меру самозащиты. ⠀ КАК ТЫ МОЖЕШЬ ПОМОЧЬ? ⠀ -подписать петицию (domesticviolence. ru) ccылка у меня в описании -поучаствовать в нашем флешмобе, разместив фото с соответствующим хештегом -репостнуть мою публикацию к себе

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Cette campagne, à laquelle ont participé de nombreux internautes, est destinée à faire la publicité d’une pétition pour que la Russie se dote d’une loi introduisant le concept de « violences domestiques » et protégeant les victimes de ces violences, qui touchent surtout des femmes.

Absent dans le débat public

Lancée il y a quelques années par Aliona Popova, une figure des droits des femmes en Russie, cette pétition a recueilli près de 650.000 signatures en quelques jours, dans un pays où les violences domestiques sont rarement abordées dans le débat public.

« En Russie, près de 16 millions de femmes sont victimes de violences domestiques tous les ans, selon Rosstat », l’agence de statistiques officielles, a déclaré Aliona Popova au cours d’une conférence de presse lundi à Moscou. « Une femme sur trois en Russie est battue par son mari ou son partenaire. Toutes les 45 minutes, une femme est tuée, à la maison – des chiffres effrayants », a affirmé Olga Kravtsova, une blogueuse très suivie, sur les réseaux sociaux.

« Un climat propice à la violence domestique »

A contre-courant du mouvement #MeToo, les autorités russes ont dépénalisé en 2017 certaines formes de violences au sein du cercle familial au nom, selon les défenseurs de cette mesure, de la protection des « valeurs traditionnelles ».

En juillet, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a fermement mis en cause le droit russe qui « ne reconnaît pas » ces violences ainsi que les autorités « réticentes à reconnaître la gravité du problème ». « Les autorités russes n’ont pas mis en place (…) de mesures générales visant (…) à protéger contre les maltraitances », avait affirmé la Cour, estimant que la Russie tolère « un climat propice à la violence domestique ».

Les mains tranchées par son mari

Fin juin, l’affaire de trois jeunes sœurs devant être jugées pour l’assassinat de leur père, dont elles ont dénoncé les constantes violences et agressions sexuelles, a soulevé une vague d’indignation en Russie.

En décembre 2017, une autre affaire avait fait scandale : celle de Margarita Gratcheva, dont le mari lui avait tranché les mains à la hache après l’avoir torturée dans une forêt près de Moscou. Un mois auparavant, la jeune femme avait déposé une plainte, ignorée par la police.