Cannes: Encore plus de bombes au Festival pyrotechnique (et de déchets à récolter au fond de la mer)

ENVIRONNEMENT Depuis une dizaine d’années, les déchets issus des feux d’artifice sont ramassés dans la baie

Fabien Binacchi

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Les déchets du festival, dont la 39e édition démarre dimanche, sont ramassés depuis une dizaine d'années
Les déchets du festival, dont la 39e édition démarre dimanche, sont ramassés depuis une dizaine d'années — Palais des festivals et des congrès de Cannes
  • Le Festival d’art pyrotechnique de Cannes comprendra six feux d’artifice entre le 11 juillet et le 24 août.
  • La surface des barges de lancement est augmentée et les opérations de nettoyage de la baie de Cannes seront amplifiées cette année.

Une quatrième barge de tir l’été dernier. Et une cinquième encore ajoutée pour cette nouvelle édition 2019. Le Festival d’art pyrotechnique de Cannes n’en finit plus de voir plus grand. Dès le premier feu programmé ce dimanche soir, « nous serons à 500 m linéaires de plateformes de lancement immergées dans la baie », explique Sophie Dupont, la directrice de l’événementiel au Palais des festivals.

Des artificiers installent les bombes de leur feu d'artifice sur une barge au Vieux port de Cannes, le 12 juillet 2018
Des artificiers installent les bombes de leur feu d'artifice sur une barge au Vieux port de Cannes, le 12 juillet 2018 - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Et nous avons imposé un minimum de 1,4 t de poudre pour accompagner cette montée en puissance », précise la responsable. Contre 1 t à 1,2 t l’an dernier. Davantage de bombes seront donc tirées au-dessus de l’eau. Avec autant de retombées. Des déchets supplémentaires que le centre de congrès a prévu de traiter.

Jusqu’à 1.300 litres de résidus ramassés

« L’opération menée depuis une dizaine d’années est renouvelée et forcément amplifiée, confirme Sophie Dupont. Juste après les feux d’artifice [six sont programmés et seront en compétition entre le 14 juillet et le 24 août], un bateau récolte les déchets en surface. Les tampons des chandelles mais aussi les coques en plastique et en papier des bombes sont récupérés. » Avec le papier d’aluminium utilisé pour protéger les mortiers, entre 600 l et 700 l de résidus étaient ramassés chaque soir de feu l’été dernier. Ce sera encore plus cette année.

Le lendemain matin, deux plongeurs arpentent les fonds marins, 10 m à 15 m sous l’eau, pour récolter ce qui a coulé. « On intervient tôt pour éviter que les mouvements liés à l’activité humaine ne déplacent les déchets, décrit Gilles Signobos de l’entreprise Marinov, mandatée par le Palais des festivals. Entre autres, on remonte des toupies et des tourniquets [qui font les formes dans le ciel en explosant], soit 500 l à 600 l de plus à chaque fois. On fait vraiment place nette. Même si on tombe sur d’autres détritus. »

Des résidus de poudre noire sur certaines bombes

Des résidus risquent-ils tout de même de polluer le milieu marin ? « Quand une bombe explose, tous les composés chimiques se consument », avance Sophie Dupont. « On voit quelques fois des résidus de poudre noire dans certains déchets et d’autres artifices qui n’ont carrément pas explosé », rectifie Gilles Signobos. Mais ces résidus-là sont précautionneusement récoltés et placés dans un conteneur spécial, au port, dit-il.

Pour la première fois, une firme américaine sera en compétition cette année. Et selon le conducteur envoyé aux organisateurs, Rozzi’s Famous Fireworks a prévu de « mettre le paquet » avec un nombre très important de bombes. Le Palais des festivals prévoit un budget de 110.000 euros pour chaque feu d’artifice. Libre ensuite à chaque concurrent d’investir davantage s’il le souhaite. Quitte à produire plus de déchets qui seront dans tous les cas récoltés.