Antibes: Les murs ont désormais des yeux, un artiste photographie l'iris pour en faire des tableaux

ART Il réalise des agrandissements à partir du regard de ses clients

Mathilde Frénois

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Morgan Heno s’occupe de la prise de vue de l’œil et de son agrandissement.
Morgan Heno s’occupe de la prise de vue de l’œil et de son agrandissement. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Entrer dans la boutique IrisPhoto d’ Antibes (Alpes-Maritimes), c’est se remémorer ses souvenirs chez l’ophtalmologue. « C’est la réflexion que tout le monde fait », sourit Morgan Heno, le gérant. Mais ici, ni ophtalmo, ni opticien. La machine installée au fond du magasin sert à photographier les yeux, pas à les analyser : IrisPhoto est « le seul magasin de France » à proposer des clichés des iris et leur agrandissement (à partir de 120 euros). Comme le concept marche bien à Antibes, des franchises ont ouvert en Espagne, à Barcelone et Ibiza, et en Allemagne.

« Les gens ne connaissent pas leurs yeux. Ils pensent qu’ils sont bleus, verts ou marrons. Mais en réalité, ils ne les ont jamais vus, fait remarquer Morgan Heno. Ici, on fait découvrir aux gens une partie d’eux-mêmes, une part de leur intimité. » Une fois assis sur le fauteuil et la tête calée en face des flashs, l’Antibois immortalise le regard. « L’œil est unique. J’ai des jumelles : on dirait qu’elles ont les mêmes yeux. Mais en agrandissant et en superposant, on se rend compte qu’ils sont bien différents. »

Les reliefs et les tâches

Une fois la photo transférée vers l’ordinateur, Morgan Heno centre l’œil et l’entoure de noir pour apercevoir encore mieux les spécificités de chaque regard. Les reliefs, les tâches, les différences de couleurs se révèlent. L’influence du soleil et du temps apparaissent. « Si les gens ne se trouvent pas beaux, s’ils sont timides et quel que soit leur âge, ils osent rentrer dans la boutique, estime Morgan Heno. L’œil créera toujours une œuvre d’art. » Et un tableau personnalisé.