Nice: «Je dessine les choses qu’on ne regarde pas», l'artiste Geraldine Sadlier peint les vitrines des magasins

ART D’origine irlandaise, l'artiste alterne entre aquarelle et encre de Chine

Mathilde Frénois

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Geraldine Sadlier dans sa boutique sur la place Saint-François de Nice.
Geraldine Sadlier dans sa boutique sur la place Saint-François de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Geraldine Sadlier tient une boutique sur la place Saint-François de Nice.
  • Depuis près de trente ans, elle croque et peint les façades ensoleillées des commerces de la Côte d’Azur. 
  • Geraldine Sadlier est autant attirée par l’esthétique de la devanture que par l’histoire que renferme l’échoppe.

Un petit déluge s’abat sur Nice ce matin-là. Une fois n’est pas coutume, Geraldine Sadlier est coincée entre les quatre murs de son atelier de la place Saint-François dans le Vieux-Nice. « Quand il pleut, on peut me trouver là, sourit-elle. D’habitude, je m’échappe ! » C’est que cette Niçoise originaire d’Irlande vit son art dans la rue. Depuis près de trente ans, elle croque et peint les façades ensoleillées des commerces de la Côte d’Azur.

La fameuse boutique de parapluies de la rue de la préfecture, les stylos Creutz rue du lycée et la triperie de la Tour de la rue Pairolière. Certaines ont disparu, d’autres résistent encore à la concurrence des grandes surfaces. Mais toutes ces boutiques sont passées sous la plume de Geraldine Sadlier. « Je trouve que les magasins racontent quelque chose de la vie de la ville, estime-t-elle. Les petits commerces disparaissent de plus en plus. Je trouve ça triste. » Alors, elle les immortalise à l’aquarelle et à l’encre de Chine. Des dessins qu’elle élabore au gré des balades ou sur commande.

« J’aime les choses ordinaires »

Geraldine Sadlier est autant attirée par l’esthétique de la devanture que par l’histoire que renferme l’échoppe. « En 1990, j’ai peint l’épicerie Morena. Il y avait des rouleaux de papier toilette, des boîtes de conserve, se souvient-elle. Le vieux monsieur écrivait toutes les étiquettes à la main et torréfiait le café. Une fumée sortait de la boutique. C’était magique. » Geraldine Sadlier s’était assise pendant huit jours en face de cette vitrine.

Aujourd’hui encore, elle trimbale son petit tabouret partout dans Nice et dans les autres villes azuréennes. « J’aime les choses ordinaires, confie-t-elle. Je n’ai rien inventé : je dessine simplement les choses qu’on ne regarde pas assez. » Un face-à-face avec les façades.