Côte d'Azur: A quoi ressemblera Sophia-Antipolis dans 50 ans? La technopole vue dans une boule de cristal

PROJET La technopole fête ses 50 ans. A quoi ressemblera-t-elle dans un demi-siècle?

Mathilde Frénois
Une colline de logements sortira de terre à Sophia-Antipolis.
Une colline de logements sortira de terre à Sophia-Antipolis. — Ville d'Antibes

C’est le moment de fermer les yeux. Et de s’imaginer dans cinquante ans. Vous êtes un ingénieur, un étudiant ou un habitant de Sophia-Antipolis. Et vous évoluez dans un monde différent. A l’occasion de l’anniversaire du demi-siècle de la technopole azuréenne, installée sur les hauteurs d’Antibes, 20 Minutes tente de dessiner les contours de cette future silhouette.

Des voitures autonomes. La circulation, c’est le point noir de Sophia-Antipolis. « Avec les projets de logement et de centre commercial, on craint le doublement du trafic routier avec beaucoup de bouchons », pointe Claudio Perini, développeur à l’origine d’une pétition contre la bétonisation. « Il n’existe pas d’autre mode de déplacement que la voiture », reconnaît le maire LR d’Antibes, Jean Leonetti, qui voit son projet de bus-tram aboutir. L’élu n’oublie tout de même pas la voiture. Dans le futur, elles ne voleront toujours pas, mais elles seront intelligentes. « Le gros succès de Sophia, c’est la voiture connectée, explique-t-il. Elle s’élabore ici. » Ainsi Renault a-t-il installé son laboratoire de développement de logiciels à Sophia pour le développement de la voiture autonome.

La colline habitée. Pas de risque de croiser Link, on n’est pas dans le monde de « Zelda ». Mais ça y ressemblera beaucoup. A l’horizon 2030, un projet de « colline habitée végétalisée » nommé Ecotone verra le jour dans la zone des Trois-Moulins. « Ce quartier surplombera les nœuds autoroutiers et sera un projet en hauteur et végétalisé, anticipe Jean Leonetti. Ça ressemblera à Avatar. » Le maire assure que 90 % de Sophia-Antipolis restera en espace vert. Dans la philosophie de son créateur, le quartier devait présenter au moins deux tiers de forêt.

L'Open Sky est posé aux portes de Sophia Antipolis.
L'Open Sky est posé aux portes de Sophia Antipolis. - Ville d'Antibes

Les biotechnologies en force. « Avant, on avait la sensation de s’éloigner de la côte pour entrer dans une forêt ; ça, ça va changer, on aura une autre sensation, estime le développeur qui lutte contre la bétonisation. C’est la somme de tout ça qui n’est pas cohérent. On a l’impression que Sophia est en train de devenir plus centré sur le business que sur la recherche. » Pour rassurer les défenseurs de l’esprit de Sophia, la municipalité promet le développement d’un business pôle consacré aux biotechnologies, la technopole venant d’être labélisée 3IA. Le numérique pur, c’est du passé.

Une mini-cité des sciences. Le projet qui redessinera l’entrée de Sophia-Antipolis, c’est le grand mall Open Sky. « Je souhaiterais faire transformer une partie de la zone commerciale en cité de l’innovation et du numérique pour faire un showroom de l’ensemble des savoirs de Sophia sur le plan ludique, espère Jean Leonetti. Une “alternative” saine comme à La Villette. » Pour que les innovations ne restent pas confinées dans les labos.