VIDEO. Nice: Pour Schiappa, Macron a eu un «message de bon sens» à propos de Geneviève Legay

GILETS JAUNES Le président de la République avait suscité la polémique en souhaitant à la septuagénaire un « prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse »

M.F. avec AFP

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Geneviève Legay, militante "sur tous les fronts" pendant la manifestation samedi place Garibaldi à Nice.
Geneviève Legay, militante "sur tous les fronts" pendant la manifestation samedi place Garibaldi à Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

La blessure de Geneviève Legay ne cesse de faire réagir. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a jugé mardi sur Franceinfo​ que le président Macron avait adressé « un message de bon sens » à l’altermondialiste de 73 ans blessée samedi, se plaignant qu’on « ne puisse plus rien dire ».

Deux jours après les faits, le président de la République a suscité la polémique en souhaitant à la septuagénaire un « prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse » : « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci », a estimé Emmanuel Macron dans Nice-Matin.

Emmanuel Macron « n’a pas cette capacité charnelle »

La France insoumise, le Parti communiste et le Rassemblement national avaient réagi, s’indignant des propos du chef de l’Etat et critiquant un supposé « mépris ». « Monsieur Macron, notre Geneviève de Nice n’a pas besoin de vos leçons de sagesse. Vous auriez beaucoup à apprendre d’elle. Elle milite pour le bien des autres. Et vous, vous la frappez au nom de quoi ? », a lancé sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI.

« Le président de la République est à deux doigts d’expliquer qu’elle l’a bien cherché. Comment ose-t-il ? », s’est insurgé la tête de liste PCF pour les européennes Ian Brossat dans un tweet, tandis que le secrétaire national Fabien Roussel regrettait qu'« avec Macron, nos retraité-es sont tout juste bons à se taire ». Pour le député et porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu, le président « n’aime pas les Français ». Emmanuel Macron « n’a pas cette capacité charnelle que ses prédécesseurs ont eue avec les Français. (Il) a un mépris pour ceux qui l’ont élu », a-t-il ajouté sur LCI.

« C’est quelqu’un qui parle cash »

Marlène Schiappa « n’a pas le sentiment qu’il a sermonné cette dame » : « C’est un message simplement de bon sens, le fait de se dire quand il y a une manifestation qui pour certains cas est interdite, pour certains cas déborde, dans des phénomènes de mouvements de foule, de violence, […] quand on est dans une condition fragile, […] c’est la prudence de ne pas se rendre dans ces manifestations et de ne pas se mettre en danger », a-t-elle dit.

Interrogée sur le fait de savoir si la déclaration manquait « d’empathie », Marlène Schiappa a réfuté. « J’ai l’impression qu’on est dans une époque où l’on ne peut absolument rien dire ! », a-t-elle déploré. « C’est quelqu’un qui parle cash, c’est une des raisons qui m’a donné envie de le soutenir », a-t-elle ajouté au sujet du président de la République.