Nice: La ville achète de nouveaux LBD, l'opposition monte au créneau

SECURITE Les policiers municipaux ne pourront employer les lanceurs de balles de défense qu’en situation de légitime défense

Mathilde Frénois

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Illustration de la police municipale de Nice
Illustration de la police municipale de Nice — E. Dessons / SIPA
  • Déjà dotée « depuis plusieurs années » de lanceurs de balles de défense (LBD), la police municipale recevra du nouveau matériel dans les prochains mois.
  • Dans un communiqué, le maire LR de la capitale azuréenne précise que « depuis plusieurs années, la ville de Nice fait le choix d’équiper ses équipages de flash-ball dans le strict cadre de la loi ».
  • « Même si ce ne sont pas des armes létales, elles sont en capacité de laisser des handicaps à vie ou des blessures irréversibles », regrette l’opposant Patrick Allemand (PS).

La ville de Nice repasse commande. Déjà dotée « depuis plusieurs années » de lanceurs de balles de défense (LBD), la police municipale recevra du nouveau matériel dans les prochains mois. Une décision évoquée en conseil municipal, et qui a fait réagir l’opposition.

« A Nice, on n’a eu aucun problème depuis le début des manifestations des gilets jaunes, pointe l’élu d’opposition Patrick Allemand. Alors pourquoi achète-t-on des LBD supplémentaires pour la police municipale ? » La réponse de Christian Estrosi en conseil municipal ne peut être plus simple : parce qu’ils sont « efficaces ».

Uniquement « en situation de légitime défense »

Dans un communiqué, le maire LR de la capitale azuréenne précise que « depuis plusieurs années, la ville de Nice fait le choix d’équiper ses équipages de flash-ball dans le strict cadre de la loi, écrit-il. Je tiens à rappeler que, contrairement à la police nationale et la gendarmerie, l’utilisation des LBD par la police municipale ne peut se faire qu’en situation de légitime défense et en dehors de toute mission de maintien de l’ordre que la police municipale n’est pas autorisée à faire. »

Une polémique qui intervient alors que, selon le collectif militant « Désarmons-les », 20 personnes ont été gravement blessées par la police depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » le 17 novembre. La majorité d’entre elles à l’œil.

Des formations chaque année

« Même si ce ne sont pas des armes létales, elles sont en capacité de laisser des handicaps à vie ou des blessures irréversibles, poursuit Patrick Allemand. Je me suis demandé si c’était nécessaire. »

Réponse du maire : « Les positions polémiques actuelles et relatives à l’utilisation de LBD par la police municipale sont non fondées. Elles ne peuvent, en aucun cas, peser sur la responsabilité que nous avons de donner aux policiers municipaux tous les moyens légaux pour assurer leurs missions de protection à la personne. » A Nice, les policiers municipaux reçoivent des formations chaque année pour la maîtrise et l’habilitation de cette arme. Des mesures imposées par la loi.