Nice: Quand les radios vintage ressuscitent grâce au Wi-Fi et au bluetooth

SECONDE VIE A l’occasion de la journée mondiale de la radio, plongée dans l’atelier de Philippe Ruiz qui remet au goût du jour des transistors des années 1930 à 1960…

Mathilde Frénois

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Philippe Ruiz change entièrement la partie électronique des radios.
Philippe Ruiz change entièrement la partie électronique des radios. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • D’abord, Philippe Ruiz nettoie, peint et vernit le poste.
  • Ensuite, il vide la partie électronique et la remplace avec du matériel moderne.
  • La Wi-Fi, le bluetooth, les enceintes, le haut-parleur, l’alimentation, l’ampli sont ajoutés à ces postes d’antan.

Un air de jazz recouvre le silence de la petite boutique vintage du quartier du port de Nice, Au bonheur des cocottes. Les notes sortent d’un transistor Excelssior de 1955, « un des plus rares de France ». Mais pas de grésillement ou de bande qui saute. Si le son est parfaitement clair, c’est que l’appareil vient d’être totalement rénové par Philippe Ruiz. A l’occasion de la journée mondiale de la radio ce mercredi, plongée dans la boutique de ce passionné, qui a monté son atelier Relive Vintage Radio.

« Quand ma femme a ouvert ce magasin vintage il y a trois ans, je chinais beaucoup avec elle, se souvient-il. Un jour, j’ai trouvé une vieille radio à 15 euros. Elle avait une belle gueule, mais elle ne marchait pas. » C’est là que Philippe Ruiz commence son travail de rénovation. D’abord, il nettoie, peint, vernit le poste. Surtout, il vide la partie électronique et la remplace avec du matériel moderne. « J’enlève tout et je rajoute la Wi-Fi, le bluetooth, les enceintes, le haut-parleur, l’alimentation, l’ampli pour avoir un matériel de haute qualité, énumère-t-il. Cela permet de disposer d’un objet décoratif et qui fonctionne. On capte toutes les radios du monde ! » Sur les carcasses, cet ingénieur en électronique essaie de réparer les boutons marche-arrêt et de volume. Et de refaire luire la lumière d’antan sur les façades.

« Il y a un côté émotionnel, parce qu’elle leur rappelle leurs parents »

Ses radios tout droit venues des années 1930 à 1960, Philippe Ruiz les dégote sur les sites de revente en ligne entre particuliers, dans les vide-greniers et dans son entourage. « Certaines personnes me confient leur propre radio. Il y a un côté émotionnel, parce qu’elle leur rappelle leurs parents ou grands-parents, raconte le quinquagénaire. Je la restaure et je fais du sur-mesure. » Selon le modèle et le travail entrepris, qu’il s’agisse de la restauration ou de l’achat, les prix varient entre 400 euros et 2.000 euros pour un modèle rare.

Une grande et vieille radio de 1933 a pris le relais. Elle diffuse du Franck Sinatra dans le magasin. Bientôt, une cantatrice suisse viendra la récupérer. « On en a aussi envoyé à Londres, New York et en Afrique du Sud », se réjouit-il. Plus de 150 radios attendent le moment de leur résurrection dans l’atelier de Philippe Ruiz.