Nice: Un athlète handicapé «humilié» à l’aéroport, la direction conteste tout «comportement discriminant»

MESAVENTURE Jean-Baptiste Alaize, recordman du monde de saut en longueur, dit avoir eu « le sentiment d’avoir été violé » en dévoilant sa prothèse

Fabien Binacchi

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Jean-Baptiste Alaize (à d.), lors des Jeux paralympiques de 2012.
Jean-Baptiste Alaize (à d.), lors des Jeux paralympiques de 2012. — Matt Dunham/AP/SIPA
  • Jean-Baptiste Alaize, athlète handicapé s’est dit « humilié » à l’aéroport de Nice, où un agent l’aurait obligé à se déshabiller pour contrôler sa prothèse.
  • « J’ai comme le sentiment d’avoir été violé », a même lâché le sportif de 27 ans sur Instagram.
  • L’aéroport conteste et fait valoir que « les agents de sûreté n’ont pas eu de comportement discriminant » avant d’indiquer que Jean-Baptiste Alaize, « agressif, a décidé de lui-même de baisser son pantalon ».

Il a raconté son « humiliation » sur Instagram. De passage à l'aéroport de Nice mardi, Jean-Baptise Alaize, amputé d’une jambe et recordman du monde de saut en longueur, a expliqué qu’un agent de sécurité l’avait « obligé » à se déshabiller pour contrôler sa prothèse. « J’ai comme le sentiment d’avoir été violé », a même lâché l’athlète de 27 ans.

Interrogée par 20 Minutes, la direction de la plateforme azuréenne conteste ses affirmations et fait valoir que « les agents de sûreté n’ont pas eu de comportement discriminant ».

« Il a atteint à ma pudeur »

« Avant mon vol en direction de Paris, ça a sonné au passage du portique comme toujours avec ma prothèse. J’ai expliqué pourquoi. L’agent de sécurité m’a fait aller dans une cabine et j’ai montré le bas de ma prothèse. Et là, [il] m’a demandé sans raison valable de me déshabiller pour [la] regarder. J’ai accepté par obligation », raconte-t-il, expliquant avoir été « très choqué » et regrettant qu’être «handicapé en France est très difficile ».

S’en est suivie, selon Jean-Baptiste Alaize, « une altercation avec l’agent, qui a appelé la police, sans comprendre qu’il avait atteint à ma pudeur ». « Il ne s’est même pas excusé ». Son attachée de presse, Florence Da Silva, a elle aussi réagi sur Twitter, indiquant que « jamais, dans aucun aéroport du monde, on ne lui a demandé ça ».

« Agressif, le passager a décidé de lui-même de baisser son pantalon »

L’aéroport indique ce jeudi matin à 20 Minutes que le « visionnage des bandes-vidéo […] atteste [au contraire] du bon contrôle des agents ». Avant de donner sa version des faits.

« Le passager signale qu’il porte une prothèse. Les agents de sûreté, dans le respect des procédures, engagent une procédure de levée de doute et l’invitent spontanément, pour préserver son intimité, à se rendre dans la cabine de fouille. Le passager accepte tout en manifestant son mécontentement », décrit l’aéroport précisant que ses « procédures ne prévoient ni fouille au corps, ni demande d’enlever les vêtements ».

« Mais le ton monte et le passager, agressif, décide de lui-même de baisser son pantalon, poursuit la direction. Le coordinateur demande au passager de le remonter et prend la place de l’agent de sûreté afin de continuer les opérations […]. A la fin du contrôle, le passage sort de la cabine en tenant des propos insultants à l’encontre des agents de sûreté. Alertés, les agents de la direction départementale de la police aux frontières prennent en charge le passager jusqu’à son avion. »

Et l’aéroport de préciser que « tout ceci ne retire en rien [ses] excuses pour la gêne occasionnée ». Sur Twitter, l’aéroport avait, dès mardi, présenté ses « excuses » à l’athlète « pour cette mauvaise expérience ».