Nice: La demande d'expropriation de la mosquée En-Nour à nouveau rejetée, Estrosi fait appel

CONTESTATION Le maire dit sa « détermination totale » pour « défendre la transparence des fonds finançant les lieux de culte sur son territoire »…

Fabien Binacchi

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La mosquée En Nour, le 25 avril 2016 à Nice
La mosquée En Nour, le 25 avril 2016 à Nice — VALERY HACHE AFP

Il ne jette pas l’éponge, bien au contraire. Après l'annonce du rejet de la déclaration d’utilité publique (DUP) demandée par la municipalité pour installer une crèche en lieu et place de la mosquée En-Nour, à l’ouest de Nice, Christian Estrosi va faire appel une nouvelle fois. Et le maire LR de préciser que sa « détermination est totale ».

« Un recours va être engagé devant la juridiction administrative pour la DUP », indique la ville, rappelant ses craintes quant au financement du lieu de culte. « Les conditions de collégialité, de transparence des fonds, qui étaient jugées par tous essentielles pour accepter ce lieu de culte, ne sont toujours pas remplies », développe-t-on en mairie.

« Un appel au parquet général est en cours »

Inaugurée en 2016, cette mosquée est toujours la propriété d’un Saoudien, devenu ministre du Culte dans son pays. En mai 2018, le parquet de Nice avait classé sans suite​ une enquête ouverte après un signalement effectué par la ville sur le financement de ce lieu de culte par des fonds étrangers et des dons en nature. Sur ce volet, « un appel au parquet général est en cours » et « des investigations complémentaires étaient souhaitées par le procureur dans son avis de classement », fait valoir la mairie.

Une première déclaration d’utilité publique, au terme de laquelle le commissaire-enquêteur avait rendu un avis favorable à l’expropriation, avait déjà été rejetée par le même préfet en 2017. Dans cette seconde DUP, les conclusions du commissaire étaient au contraire défavorables à l’installation d’un établissement pour la petite enfance.