TER en Paca: Après une brouille, la région va re-signer avec la SNCF (mais continue à préparer l’arrivée de la concurrence)

TRANSPORTS Un nouveau contrat, sur une durée de 5 ans, va fixer des objectifs de régularité à au moins 90% et permettre de débloquer des investissements gelés…

Fabien Binacchi

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Un TER en gare de Nice-Ville.
Un TER en gare de Nice-Ville. — Archives ANP / 20 Minutes
  • Après deux ans d’exploitation du réseau TER sans contrat, la région Sud Paca et la SNCF vont signer une nouvelle convention.
  • Le nouveau texte va fixer des objectifs de régularité et permettre de débloquer des investissements gelés.
  • Parallèlement, la région va continuer à préparer l’ouverture à la concurrence pour l’horizon 2022.

Le bout du tunnel après des années de tension… Tout en continuant de préparer l’ouverture à la concurrence, pour l’horizon 2022, la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur célébrera ce jeudi matin à Paris son entente retrouvée avec la SNCF. Après de longues négociations, une nouvelle convention pour l’exploitation du réseau TER va être signée.

Au terme du précédant contrat, le 31 décembre 2016, la collectivité, agacée par la mauvaise qualité du service, avait refusé de s’engager à nouveau. Un fonctionnement « hors convention » qui avait fait monter encore la pression, la région accusant la SNCF « d’un chantage inadmissible » après le gel de plusieurs investissements.

Des amendes si la régularité n’est pas au rendez-vous

De l’histoire (a priori) ancienne. « Renaud Muselier et Guillaume Pépy vont formaliser un protocole d’accord et le texte devrait être entériné par un vote de l’assemblée régionale le 15 mars », détaille Philippe Tabarot. Le vice-président aux transports se réjouit de pouvoir « retrouver un cadre juridique apaisé mais exigeant pour la défense de l’usager ».

Rien n’est encore précisé sur les tarifs proposés aux usagers (une augmentation devait être votée à la fin de l’année 2018 avant d’être finalement reportée), mais le nouveau contrat, qui devrait être conclu pour une durée de 5 ans, prévoit en tout cas un « engagement ferme » de la SNCF sur la régularité des trains, sixés à 90 % minimum.

« Des amendes pourront tomber selon des chiffres clairement établis. Ça n’était pas le cas sur le précédent contrat. Il y a aussi des objectifs donnés sur la propreté et la composition des wagons. Avec un système de bonus/malus, détaille l’élu. Il y a déjà eu du mieux sur zone Côte d’Azur où la régularité atteint 90 %. Mais il reste encore des points à améliorer, notamment sur la partie ouest des Bouches-du-Rhône. »

Nouvelles rames et centre de maintenance

En plus de fixer ces nouvelles règles, la signature du contrat devrait permettre de débloquer les dossiers en souffrance. Et notamment la commande, pour 170 millions d’euros, de quinze nouvelles rames (dix Regio2N et cinq Regiolis) qui équiperont notamment « l’étoile marseillaise ». La création d’un centre de maintenance à Nice-Saint-Roch, « pour lequel tout est déjà prêt, devrait également bénéficier d’un nouveau calendrier le plus rapidement possible », assure Philippe Tabarot.

Un retour au calme tout en continuant d’avancer sur le dossier de l’ouverture à la concurrence, assure-t-on du côté du conseil régional. Le processus est lancé pour diversifier les opérateurs du service régional, dès 2022. « Le but est d’avoir plusieurs lots et plusieurs exploitants », explique le vice-président aux transports.