Nice: Un Carnaval sans frontières, des enfants réfugiés créent un char

INSERTION Ils défileront lors du corso officiel le dimanche 24 février... 

Mathilde Frénois

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Huit enfants réfugiés créent un char à l’effigie de l’artiste niçois Ben.
Huit enfants réfugiés créent un char à l’effigie de l’artiste niçois Ben. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Des enfants réfugiés du quartier de l’Ariane créent un char à l’effigie de l’artiste Ben.
  • Ils se réunissent toutes les semaines pour apprendre également le lancer de paillassou et les danses.
  • Cet atelier d’insertion est organisé par l’association ATE, un centre d’accueil pour les demandeurs d’asile.

Rayana et Ilona n’ont jamais vu le défilé du Carnaval de Nice, ses grosses têtes et sa bataille de fleurs. Pourtant, ce sont ces enfants réfugiés qui créent l’un des chars qui entourera le Roi du Cinéma. Ils participent à un atelier d’insertion organisé par l’ association niçoise ATE (Accueil Travail Emploi), un centre d’accueil pour les demandeurs d’asile.

Rayana a 8 ans. Chaque semaine pendant les mois de janvier et de février, elle vient en mini-bus depuis l’Ariane jusqu’au Vieux-Nice. C’est dans l’atelier de l’artiste Ben qu’elle élabore la sculpture à l’effigie… de Ben. « Il va avoir les cheveux blancs et un feutre à la main », détaille-t-elle en pointant la statue en carton-pâte. Avec sept autres enfants venus de Tchétchénie, de Géorgie, du Soudan et d’Algérie, Rayana utilise une technique ancestrale niçoise : « On mélange du papier, de la farine, de la colle et de l’eau pour faire la sculpture », dit-elle en s’interrogeant sur la grosseur du nez et la forme des yeux de la grosse tête. Une manière pour Rayana d’apprendre aussi l’esprit satirique du Carnaval.

Les enfants réfugiés apprennent aussi à danser. Ils se produiront autour de leur char lors du Carnaval de Nice.
Les enfants réfugiés apprennent aussi à danser. Ils se produiront autour de leur char lors du Carnaval de Nice. - M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Deux sorties pour le char

En plus du char, les enfants s’approprient la technique du lancer du Paillassou et des danses traditionnelles. Rayana a mis une jupe rouge, Ilona son chapeau de paille. C’est l’activité préférée de cette Géorgienne de 8 ans : « J’aime les mouvements et le rythme de la danse, dit-elle. En plus, on apprend un peu de culture niçoise en s’amusant. » Les petits danseurs entoureront la sortie du char. Ce sera le 13 février lors de la présentation devant le centre AnimaNice de l’Ariane. Puis viendra l’heure du grand jour : le dimanche 24 février au Carnaval officiel de Nice lors de la Parada Nissarda, l’unique parade diurne de la quinzaine.

« Beaucoup d’enfants niçois ne connaissent pas la culture niçoise, pointe Cristou Daurore, qui fait vivre le projet depuis onze ans. C’est un paradoxe car ce sont ces enfants réfugiés qui apprendront quelque chose sur Nice aux Niçois. C’est une manière pour eux d’être porteur de cette culture. Ils en sont les ambassadeurs. » Et ils pourront aussi enrichir Nice de leur propre identité. Sur le char, la phrase de Ben « Cherchez la vérité » sera inscrite en Niçois. Ainsi que dans chacun des langues des enfants.