Côte d'Azur: La parité dans les conseils communautaires a priori «difficile à mettre en œuvre»

COLLECTIVITES Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes fait des préconisations pour faire avancer les choses dans ces collectivités qui sont « des zones blanches de la parité »…

Fabien Binacchi

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La métropole Nice Côte d'Azur compte 64% d'élus masculins
La métropole Nice Côte d'Azur compte 64% d'élus masculins — ANP / 20 Minutes
  • Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes rend ce jeudi ces préconisations pour une parité au sein des mairies et des structures intercommunales.
  • Dans les petits villages des Alpes-Maritimes, cette parité semble « difficile » à instaurer.
  • Il y a 26 maires femmes pour 123 communes au total dans le département et la métropole Nice Côte d’Azur, l’une des sept intercommunalités des Alpes-Maritimes, 64 % des élus sont des hommes.

La balance élus/élues rééquilibrée à tous les étages, des mairies jusqu’aux communautés d’agglomération ? « Difficile à mettre en œuvre », répond-on en substance dans les petites communes de l’arrière-pays des Alpes-Maritimes, celles de moins de 1.000 habitants et qui n’envoient qu’un seul élu siéger dans ces intercommunalités.

C’est pourtant ce que préconise Danielle Bousquet. La présidente du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), pour qui « les conseils communautaires sont des zones blanches de la parité », doit remettre ses recommandations, ce jeudi, à la ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire.

La HCE conseille « une parité stricte dans tous les conseils municipaux » et l’organisation d’une « élection au suffrage universel direct pour les conseils communautaires », avance la responsable de cette instance consultative indépendante. Le but est que « le maire ne soit pas systématiquement celui qui va à l’intercommunalité ».

« Complètement opposé à toutes ces histoires de parité »

Des chamboulements que les petits villages du haut pays azuréen ont bien du mal à imaginer. « Le maire est souvent le seul lien avec les habitants. Si ce n’est plus lui qui les représente dans cette collectivité, ce lien est brisé », avance Jean-Marie Boggini, qui est élu au sein de la métropole Nice Côte d’Azur (64 % d’hommes).

Le premier magistrat d’Isola (jusqu’à 693 habitants en basse saison) est « complètement opposé à toutes ces histoires de parité ». « Une femme n’a pas du tout besoin de ces quotas pour être élue. Elle l’est grâce à ces compétences », dit-il.

« Un équilibre strict serait compliqué à provoquer », selon lui. Mais Jean-Marie Boggini dit observer le nombre de ses collègues féminines augmenter « naturellement » toutes ces dernières années. Son conseil municipal est aujourd’hui composé de onze hommes pour trois femmes, mais « les choses avancent », assure-t-il.

« Rajouter une élection, c’est peut-être superflu »

A La Roquette-sur-Var (906 habitants), Paule Becquaert note de son côté qu’il « est toujours difficile, dans les petites communes, de recruter des candidats pour une élection ». « Alors en rajouter une, c’est peut-être superflu », pense cette maire à la tête d’une équipe déjà paritaire. « Mais si nous en arrivions là, il faudra faire de la pédagogie. Pour certains, le rôle du conseiller communautaire est encore très flou », remarque l’élue.

Autre avancée voulue par le HCE : que « l’exécutif [les adjoints et les vice-présidents] des communes et des intercommunalités soient eux aussi paritaires ». A priori, plus facile à mettre en place dans les mairies. Au sein des conseils communautaires, ça paraît plus « improbable », répond Jérome Viaud, le président des Pays de Grasse.

« Les membres de l’exécutif sont majoritairement des maires, précise-t-il. Et la surreprésentation des hommes sur ces mandats rend impossible cette parité. » En France aujourd’hui, à la tête des villes et des villages, il n’y a que 16 % de femmes. Dans les Alpes-Maritimes, elles ne sont que 26, pour un total de 163 communes.