Nice: Il devient cireur de chaussures et fait un pas vers l'emploi

METIER Le Niçois Mohamed Benazza a installé son cirage et ses brosses au pied des immeubles en verre de l’Arénas, un quartier d’affaires…

Mathilde Frénois

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Mohamed Benazza est devenu cireur à l’Arénas à Nice.
Mohamed Benazza est devenu cireur à l’Arénas à Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Mohamed Benazza propose un service « express » à 5 euros à la pause déjeuner, avant ou après le travail.
  • Pour des travaux plus poussés sur des baskets, des escarpins ou des souliers, il prend en charge la paire pour 10 euros.

Mohamed Benazza vit les yeux tournés vers le sol. En bas des immeubles de verre de l’Arénas, un quartier d’affaires à l’ouest de Nice, il ne dévisage pas les passants. Il regarde leurs souliers. « Maintenant, je reconnais les gens à leurs chaussures, pas à leur tête », sourit-il. C’est que Mohamed Benazza en a fait son outil de travail. Depuis six mois, il est cireur de chaussures.

Ce midi-là, il a repéré les souliers vernis d’Aurélie. Il l’interpelle. Et elle s’assoit : « Mes baskets en toile, je les passe à la machine. Mais le cuir, ce n’est pas possible », regrette-t-elle. Mohamed Benazza la reprend : « Cirer les souliers permet de garder la paire plus longtemps, explique-t-il. Le cirage ne fait pas que briller. Il nourrit le cuir. Ça permet de jeter moins souvent ses chaussures. »

Un service « express »

C’était la première fois qu’Aurélie avait affaire à un cireur. « Les gens n’ont plus l’habitude de ce métier. Ils ont honte de s’asseoir et de se faire cirer les chaussures. Comme ce métier n’existe plus, c’est difficile de convaincre », regrette Mohamed Benazza, qui a relancé la profession dans les Alpes-Maritimes. Avant d’installer son cirage et ses brosses à l’Arénas, il a passé 25 ans en boulangerie et 15 ans dans le bâtiment. Mais aujourd’hui, il peine à faire asseoir des clients sur son fauteuil, ne s’occupant que d’une à trois paires de chaussures par jour. « J’ai toujours aimé voir de belles chaussures, dit-il. Il faut que ça brille des chaussures ! »

Pour cela, il propose un service « express » à 5 euros à la pause déjeuner, avant ou après le travail. Pour des travaux plus poussés sur des baskets, des escarpins ou des souliers, il prend en charge la paire pour 10 euros. Et il a déjà d’autres projets en tête. Désormais, il chouchoute aussi les sacs, vestes, blousons et ceintures. Dans la foulée, il aimerait s’installer à l’aéroport ou à Nice Etoile dès octobre, « lorsque les gens ne porteront plus de sandales ».