Paca: Ses investissements pour les TER gelés, la région dénonce un «chantage inadmissible» de la SNCF

BISBILLE Le président du conseil régional Provence Alpes Côte d'Azur a écrit à la ministre des Transports pour lui demander d'intervenir. Les usagers, eux, s'agacent...

Fabien Binacchi

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Un TER en gare de Nice-Ville.
Un TER en gare de Nice-Ville. — Archives ANP / 20 Minutes
  • Le bras de fer engagé entre la région, qui souhaite une ouverture à la concurrence le plus tôt possible, et la SNCF s’est durci.
  • Dans un courrier adressé à la ministre des Transports, le président de Paca Renaud Muselier a dénoncé « un chantage inadmissible » de l’entreprise ferroviaire.
  • L’achat de 16 nouvelles rames est notamment gelé.

Des retards à répétition, des trains bondés ou tout simplement supprimés et des voyageurs excédés qui vont jusqu’à bloquer des voies… La situation du TER est explosive en région Provence Alpes Côte d’Azur. D’autant plus que le bras de fer engagé entre la région, qui souhaite une ouverture à la concurrence le plus tôt possible, et la SNCF s’est encore durci.

Dans un courrier adressé à la ministre des Transports Elisabeth Borne et rendu public jeudi, le président de Paca Renaud Muselier a dénoncé « un chantage inadmissible » de l’entreprise ferroviaire. Cette dernière « vient de faire état de son refus de donner suite aux demandes d’investissements » de la collectivité, s’indigne-t-elle dans un communiqué.

La commande de seize nouvelles rames gelée

En cause notamment, la commande de 16 nouvelles rames livrables entre 2021 et 2023 pour 170 millions d’euros financés intégralement par la région, mais gelée par la SNCF.

La société nationale, qui s’appuie sur le contentieux actuel (la région a refusé de signer la convention qui les lie au motif qu’il y avait notamment trop de retards et d’annulations de TER), a également interrompu le déploiement de portiques de sécurité dans les gares.

Ces décisions « inacceptables […] ne visent qu’à exercer un chantage inadmissible sur les élus régionaux et compromettent l’ouverture prochaine à la concurrence des TER », s’agace Renaud Muselier. L’élu réclame une intervention de la ministre pour mettre un terme à ces « représailles » entreprises « aux dépens des usagers ».

« Eviter que la situation ne dégénère encore »

« C’est tout simplement un scandale, s’emporte Eric Sauri, le président de l’association des Naufragés du TER Grasse-Vintimille. Cette situation met aussi en suspend le projet de création d’un centre de maintenance à Nice à l’horizon 2022. Mais on ne peut plus l’attendre davantage. Il nous faut cet équipement pour éviter que la situation ne dégénère encore. »

Ce vendredi matin, des voyageurs niçois ont bloqué des voies pendant près de deux heures après la suppression en cascade de plusieurs trains, faute à un défaut de maintenance. « Même si ce genre de manifestation n’est pas acceptable, elle peut se reproduire avec un risque important et grave de débordement », avance le responsable.

« Il n’y a de notre part ni chantage, ni représailles, répondu un porte-parole de la SNCF. Au-delà du litige économique, c’est avant tout l’absence de contrat [la convention liant la SNCF à la région] qui nous empêche de réaliser de nouveaux investissements. »

« Nous regrettons la situation dans laquelle nous avons été mis en Paca […] et nous renouvelons à la région notre demande d’ouverture de négociations en vue de retrouver un mode de fonctionnement », a ajouté cette même source.

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