Nice: Mais qu'est-ce que ce coup de canon tiré chaque midi depuis la colline du château?

TRADITION Exceptionnellement, le 14 juillet, le ciel niçois restera silencieux en hommage aux victimes de l’attentat de Nice…

Mathilde Frénois

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Philippe Arnello est l'artificier qui tire, chaque midi, le coup de canon au-dessus de Nice.
Philippe Arnello est l'artificier qui tire, chaque midi, le coup de canon au-dessus de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Chaque midi, un coup de canon est tiré depuis la colline du château de Nice.
  • Mais il ne s’agit plus d’un coup de canon. Le retentissement provient d’une bombe, un marron d’air, tiré par un artificier.
  • Le coup retentit tous les jours, sauf le 14 juillet en mémoire des 86 victimes de l’attentat de Nice.

Quand on a pris rendez-vous avec Philippe Arnello, il nous a prévenus : « Attention, je suis toujours à l’heure. » Si ce Niçois est si ponctuel, c’est qu’il tire le coup de canon qui résonne chaque midi dans les rues de Nice. Exceptionnellement, le 14 juillet, le ciel niçois restera silencieux, en hommage aux victimes de l’ attentat de Nice. Depuis la colline du château, Philippe Arnello revient sur cette tradition chère aux Niçois.

« En 1862, l’Ecossais Sir Thomas Coventry mangeait chez lui avec ses officiers. Comme sa femme était souvent en retard, il utilisait ce coup de canon comme signal pour qu’elle lui fasse à manger, explique-t-il. Quand il est rentré chez lui dans son château d’Edimbourg, il a laissé une somme d’argent à la mairie de Nice pour que ce rituel perdure. » C’est ensuite Malaussena qui a fait voter un arrêté municipal pour que cette tradition perdure.

Un marron d’air

Il est midi tapante sur la colline du château. L’horloge parlante du smartphone vient d’avertir Philippe Arnello : c’est l’heure du coup de canon. « Souvent, les gens sont déçus, pointe l’artificier. Aujourd’hui, il n’y a plus de canon. » Mais une bombe de feu d’artifice, un marron d’air. Philippe Arnello met le feu à la mèche. La poudre noire propulse la bombe à 60 m de haut. Arrivée au sommet, elle explose sans faire de couleur. C’est ce bruit qui résonne dans toutes les rues de Nice. Tiré par les forces de l’ordre jusqu’en 1992, ce sont les artificiers qui reprennent en charge cette mission avec l’accord de la préfecture et après deux mois d’arrêt.

Si Philippe Arnello n’a « jamais tiré le coup de canon en retard », il a parfois été annulé. C’est désormais le cas tous les 14 juillet, en hommage aux victimes de l’attentat de Nice. « A deux reprises, il a dû être annulé car j’étais bloqué. Par un accident sur la voie Mathis puis par une manifestation », se souvient-il. Une fois par an, le coup de canon a aussi une heure d’avance : chaque 1er avril, Philippe Arnello fait résonner Nice à 11 heures.