Nice: Uber va remplacer les bus (publics) sur les lignes non assurées en soirée

EXPERIMENTATION Le dispositif « unique en Europe », accessible aux abonnés annuels du réseau de transports en commun, permet de leur faire bénéficier de trajets fixés à 6 euros…

Fabien Binacchi

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Un véhicule Uber. Illustration.
Un véhicule Uber. Illustration. — Andrew Caballero-Reynolds AFP
  • Uber s’est associé au réseau de transport en commun Lignes d’Azur, à Nice, pour proposer des courses à tarifs fixes sur certaines lignes de bus le soir, lorsque celles-ci ne fonctionnent plus.
  • Le service « expérimental » et inédit, fonctionnera de 20h à 2h30 et sera proposé à un prix fixe de 6 euros aux seuls abonnés annuels du réseau Lignes d’Azur.

Uber revendique une première en Europe. Le géant américain de mise en relation avec des chauffeurs VTC s’est associé au réseau de transport en commun Lignes d’Azur, à Nice, pour proposer dès ce jeudi à ses 50.000 abonnés annuels des courses à tarifs fixes sur certaines lignes de bus le soir, lorsque celles-ci ne fonctionnent plus.

Le service « expérimental » et inédit « propose aux voyageurs de payer un prix fixe de 6 euros pour une course depuis/vers l’une des six stations du tramway L1 (sélectionnées sur 22 au total) à partir de 20h, quand les lignes de bus en partance de ces stations s’arrêtent, et jusqu’à 2h30 du matin, quand le tramway s’arrête à son tour », précisent les deux partenaires.

Une expérimentation

Ce dispositif sera accessible directement depuis l’application Uber, via un onglet spécial, aux usagers qui respectent les conditions établies : c’est-à-dire être titulaire d’un abonnement annuel adulte au réseau Lignes d’Azur (facturé 326,50 euros) et voyager uniquement sur le parcours de treize lignes de bus (14, 25, 63, 64, 71, 72, 75, 76, 80, 81, 84, 88, 90) desservies en journée.

Le coût supplémentaire de la course (au-delà des 6 euros facturés à l’usager, en plus de son abonnement annuel), réglé au chauffeur, sera assumé à parts égales par la régie des transports et la plateforme Uber. Les deux parties ont alloué une première enveloppe globale de 60.000 euros pour cette expérimentation, « qui durera jusqu’à ce que budget soit épuisé ».

Mise en concurrence

« Nous ne supprimons pas de lignes de bus, nous créons un nouveau service, a appuyé Philippe Pradal, premier adjoint au maire de Nice et président de la régie Lignes d’Azur. On ne sait pas quelle peut être la fréquentation et l’adhésion du public à cette initiative. »

Si le test était concluant, Lignes d’Azur devrait passer par une mise en concurrence, qui pourrait faire intervenir également les taxis, pour poursuivre ce nouveau service. « Nous étudierons également une extension sur le réseau desservi au départ de la ligne 2 [dont une portion vient d’être inaugurée] et de la future ligne 3 du tramway », a précisé Philippe Pradal.

Réorganisation entre public et privé

Un bilan devrait être communiqué dans les prochains mois, mais dans les rangs de l’opposition niçoise, le nouveau service traduirait « un nouveau recul du service public », selon le conseiller municipal et métropolitain Patrick Allemand, interrogé par 20 Minutes.

« Si le système fonctionne bien, rien n’empêchera demain, que des lignes existantes soient supprimées à son bénéfice, redoute l’élu. C’est un laboratoire pour la réorganisation des transports entre le public et le privé. »