Roya: L'agriculteur défenseur des migrants Cédric Herrou reçoit une médaille de la ville de Grenoble

SOLIDARITE Une décision recadrée par le préfet de l’Isère pour qui « prôner l’illégalité ou cautionner des infractions pourtant condamnées par l’autorité judiciaire n’est pas une conduite anodine »… 

M.F. avec AFP

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In this Wednesday, Jan. 4, 2017 file picture, Cedric Herrou, a French activist farmer who faces up to five years in prison as he goes on trial accused of helping African migrants cross the border from Italy, waits outside the Nice courthouse, southern France. Cedric Herrou remains defiant: Ahead of a court ruling that could see him jailed for sheltering migrants, the French activist has more arrivals from Africa staying on his farm.
In this Wednesday, Jan. 4, 2017 file picture, Cedric Herrou, a French activist farmer who faces up to five years in prison as he goes on trial accused of helping African migrants cross the border from Italy, waits outside the Nice courthouse, southern France. Cedric Herrou remains defiant: Ahead of a court ruling that could see him jailed for sheltering migrants, the French activist has more arrivals from Africa staying on his farm. — CLAUDE PARIS/AP/SIPA

A Aix-en-Provence, il avait été condamné en appel en août à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants dans sa vallée de la Roya. Sur les réseaux sociaux, il est en conflit permanent avec le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti. Mais à Grenoble, l’agriculteur  Cédric Herrou a reçu les honneurs. Il a été décoré de la médaille de la ville.

« La condamnation de Cédric Herrou symbolise aujourd’hui les travers les plus marquants de la loi Asile et immigration », souligne Éric Piolle, maire (écologiste/gauche) de la ville de Grenoble, pour qui le militant a, par son action, fait reculer ce « problème majeur qu’est le délit de solidarité ».

Le préfet réagit

Une décision recadrée par le préfet de l’Isère pour qui « prôner l’illégalité ou cautionner des infractions pourtant condamnées par l’autorité judiciaire n’est pas une conduite anodine ».

« Le préfet de l’Isère déplore des propos qui appellent à commettre des infractions ou des actes illégaux, alors même qu’ils sont tenus par un maire auquel les lois de la République confient des responsabilités d’officier de police judiciaire et la charge de faire respecter l’ordre public », écrit-il dans un communiqué.

« L’absurdité » d’une loi

Le 22 avril, l’Assemblée nationale française a voté, lors de l’examen d’un projet de loi controversé sur l’asile et l’immigration, l’assouplissement de ce délit : seront désormais exemptés de sanctions les militants qui apporteraient des soins, un hébergement et de la nourriture aux migrants sans qu’il y ait de contrepartie lucrative.

Une évolution insuffisante pour le maire de Grenoble qui va écrire au procureur de la République de la ville pour dénoncer « l’absurdité » d’une loi qui reste, selon lui, « inadaptée ».

Une plateforme pour soutenir les migrants

Dans ce courrier préalablement diffusé à la presse, l’élu réclame l’abrogation du délit de solidarité et davantage de protection pour les aidants comme Cédric Herrou, mais aussi pour des municipalités comme la sienne dont les « actions collectives » pour accueillir les réfugiés leur font « courir un risque pénal ».

Il cite notamment à ce titre l’ouverture en 2015 à Grenoble d’une plateforme informatique qui permet de coordonner les actions des habitants et des associations souhaitant apporter leur soutien aux migrants.

Procès de la responsable d’Amesty international mercredi à Nice

Mercredi se tiendra devant le tribunal correctionnel de Nice (sud-est) le procès d’une retraitée de 72 ans qui avait aidé deux adolescents guinéens refoulés en Italie à revenir en France. Cette responsable d’ Amnesty International et membre de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) encourt cinq ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

En outre, jeudi à Gap (sud-est), trois militants - une Italienne et deux Suisses - comparaîtront pour avoir facilité l’entrée en France de réfugiés le 23 avril lors d’une marche de soutien aux migrants à la frontière franco-italienne. Cette manifestation faisait suite à une action hostile aux réfugiés organisée par le groupuscule d’extrême droite Génération Identitaire sous la bannière du mouvement Defend Europe.

L’Italienne de 27 ans, Eleonora, et Bastien et Théo, deux amis d’enfance suisses de 26 et 24 ans, encourent 10 ans d’emprisonnement, 750.000 euros d’amende et une interdiction du territoire français.