Nice: Mais où est passé le soleil de la Côte d'Azur?

METEO Avec 43 jours de pluie depuis janvier et 200 heures de soleil en moins par rapport à l’année dernière, 2018 est bien partie pour battre un record de pluviométrie à Nice. Niçois et professionnels du tourisme s’impatientent…

Christophe Napoli
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 A Nice, les parapluies sont les stars de ce début d’année pluvieux.
A Nice, les parapluies sont les stars de ce début d’année pluvieux. — C. Napoli
  • Il est tombé autant d'eau dans les six premiers mois de 2018 que pendant toute l'année 2017.
  • Il s’agit du troisième printemps le plus pluvieux à Nice (cinquième au niveau des Alpes-Maritimes) depuis le début des relevés en 1945.
  • Les professionnels du tourisme ont le moral en berne, d'autant que les grèves dans les transports se sont ajoutées.

Ils sont les stars de ce début d’année. Et se sont mêmes offerts quelques montées des marches lors du dernier festival de Cannes. Colorés, à rayures, longs, pliants, à golf… Les parapluies déploient leurs toiles un jour sur trois en moyenne à Nice depuis janvier dernier.

Sur la promenade des Anglais, c’est même devenu une obligation pour les locaux. « On sort se balader toujours muni de son parapluie », s’étonne encore Jean, retraité niçois. Contrairement à l’année dernière, ce féru de baignade n’a pas encore fait trempette dans la grande bleue. Juste a-t-il été souvent douché par les nombreuses précipitations qui se sont abattues depuis le début de l’année sur la capitale azuréenne.

Troisième printemps le plus pluvieux

« Il est tombé 431,6 mm de pluie à Nice en un peu moins de cinq mois », explique Éric Schwartz, prévisionniste à l’antenne locale de Météo France. Autant que sur toute l’année 2018. Un phénomène qu’il n’hésite pas à qualifier de « remarquable », puisqu’il s’agit du « troisième printemps le plus pluvieux à Nice [cinquième au niveau des Alpes-Maritimes] depuis le début des relevés en 1945. » Il faut remonter à 2013 pour trouver la trace d’un mois de mars aussi instable.

Le soleil, lui, se fait désirer. Il s’est montré 200 heures de moins que l’année dernière. Au grand dam des touristes, comme Dominique, originaire de la Réunion, en vacances à Nice avec sa compagne depuis quatre semaines. « On part demain et je crois qu’on peut dire que nous n’avons pas eu de chance. La ville se vit beaucoup à l’extérieur et elle est tellement plus belle sous un ciel bleu », regrette-t-il.

Tourisme impacté

Nathalie, qui a l’habitude de partir en randonnée dans l’arrière-pays voit, elle, le verre à moitié plein. « La nature en avait besoin, elle est beaucoup plus verdoyante que l’année dernière où la sécheresse avait été terrible », se remémore-t-elle. Eric Schwartz confirme : « Ce phénomène est une bonne nouvelle pour le niveau des nappes phréatiques. »

Pas de quoi remonter le moral des professionnels du tourisme. « Le soleil nous fait travailler », rappelle René Colomban, président des syndicats des plagistes de Nice. Depuis le début de l’année, le gérant de la plage Blue Beach a perdu près de 50 % de son chiffre d’affaires. « Ce sont des pertes qui se comptent en milliers d’euros, on a raté tous les ponts de mai », se désole-t-il, bien conscient toutefois du caractère imprévisible de l’aléa climatique, traditionnellement variable à cette période de l’année en Méditerranée.

A quand l’accalmie ?

Du côté de la fédération des hôteliers et du tourisme de Nice Côte d’Azur et de son président, on nuance ce constat. « Ce sont surtout les grèves dans les transports qui nous coûtent », estime Denis Cippolini, qui rappelle que « les hôtels niçois ont fait le plein à l’occasion de Carnaval ». René Colomban compte lui sur le Grand Prix de Monaco de ce week-end pour compenser un début d’année bien gris.

« Il est toujours compliqué d’avoir des prévisions très fiables au-delà d’une semaine mais on attend toutefois une nette amélioration à partir de mardi prochain », indique Eric Schwartz, prévisionniste à Météo France. D’après le spécialiste, le début d’année mitigé sur la Côte d’Azur ne présage en rien de ce qu’il sera constaté en été. « Sans oublier que les températures sont malgré tout restées clémentes avec même quelques records de douceur comme le 21 avril dernier où il avait fait plus de 17 degrés. »