Oeuvre d'art représentant le cerveau, exposée par le Grand Palais en 2018.
Oeuvre d'art représentant le cerveau, exposée par le Grand Palais en 2018. — GINIES/SIPA

SANTE

Nice: Des chercheurs trouvent de nouvelles zones à l'origine de la migraine

Jusqu’à présent considérés comme indolores, des secteurs du cerveau seraient finalement sensibles…

Et si, depuis 1940, les chercheurs avaient oublié un secteur du cerveau ? C’est l’idée qui trotte dans un coin de la tête de médecins de l’Inserm, du CHU de Nice et de l’ hôpital Sainte-Anne à Paris. Spécialistes des migraines, ils viennent de montrer que des zones que l’on considérait comme indolores seraient finalement sensibles. Et à l’origine des douleurs orbitales et temporales.

« Le cerveau est une structure insensible à la douleur, à l’exception de deux grandes zones : la dure-mère (des méninges) et les vaisseaux. On estimait qu’il s’agissait des uniques récepteurs à la douleur », explique Michel Lanteri-Minet.

Trois professeurs niçois participent aux recherches sur la migraine.
Trois professeurs niçois participent aux recherches sur la migraine. - I. Battarel

Chirurgie éveillée

Ce médecin niçois travaille en collaboration avec les professeurs Radhouane Dallel et Denys Fontaine. Ce dernier réalise de la chirurgie éveillée. « Pendant l’opération, il réveille le patient et stimule le cerveau, raconte Michel Lanteri-Minet. Il s’est rendu compte qu’alors qu’on ne stimule pas la dure-mère, certains patients signalent de la douleur. » Déduction : la pie-mère est également sensible et peut être à l’origine de douleurs. Une grande découverte.

Car les maux de tête impactent la qualité de vie des patients. « Il y a aussi un risque sociétal, car la migraine coûte cher : 2 milliards d’euros de dépense de santé par an », dit Michel Lanteri-Minet. « En France, 20 % des personnes présentent des migraines. Parmi les patients pris en charge médicalement, 20 % sont réfractaires aux traitements et sont en grande difficulté, pointe le médecin. On a besoin de pistes nouvelles », selon Michel Lanteri-Minet. Des zones sensibles inédites qui peuvent déboucher sur de nouvelles molécules pour ces patients dans l’impasse.