Nice: Les tramways sont toujours à l'arrêt ce vendredi, le mouvement social se poursuit

TRANSPORTS Les conducteurs exercent leur droit de retrait après la condamnation, à six mois de prison avec sursis, d’un de leur confrère pour le décès d’un passager lors d’un freinage violent…

20 Minutes avec AFP

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Un passager est mort en 2015 cinq jours après un freinage d'urgence. (Photo d'illustration)
Un passager est mort en 2015 cinq jours après un freinage d'urgence. (Photo d'illustration) — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Le mouvement social se poursuit ce vendredi sur le réseau tramway de Nice ( Alpes-Maritimes), après la condamnation d’un conducteur à six mois de prison avec sursis pour un freinage d’urgence en 2015 ayant entraîné la mort d’un passager de 76 ans.

Les conducteurs exercent leur droit de retrait depuis l’annonce du verdict, tombé jeudi après-midi. Aucun tramway ne circule et, selon nos confrères de France Bleu Azur, les bus de substitution sont peu fréquents.

La CGT, partie civile au procès, a obtenu la réunion en urgence d’un comité d’hygiène et de sécurité extraordinaire (CHSCT). Elle s’est tenue « sans succès », estime-t-on côté syndical. « Le comité d’hygiène se doit d’interpeller l’inspection du travail pour connaître sa position afin de désamorcer ce conflit qui est en soi, la sécurité du personnel et des usagers », a indiqué à Nice-Matin le syndicat CGT du Réseau Lignes d’Azur.

« Puisqu’on sait que maintenant on risque une condamnation, on veut que la responsabilité soit endossée par le directeur général et ne porte plus sur les chauffeurs », a aussi expliqué Guillaume Diciara, secrétaire CGT à la régie municipale Lignes d’Azur.

« La direction s’est arc-boutée pour dire qu’elle ne veut pas reconnaître l’existence d’un danger grave et imminent et 100 % des conducteurs exercent dès lors leur droit de retrait », a-t-il ajouté. La CGT exige aussi « un calendrier de modification du système de freinage et la suppression du système de veille automatique dans un délai raisonnable ».

Des zones d’ombre

« Contre toute attente, le tribunal correctionnel a rejeté le supplément d’informations demandé par toutes les parties », a déploré jeudi Me Céline Alinot, mandatée par le syndicat CGT.

L’avocat de la famille de la victime Me Yannick Le Maux a également regretté que « le tribunal ait préféré ne pas chatouiller les intérêts d’Alstom ». « Ça coûte moins cher d’indemniser une victime une fois de temps en temps que de refaire tout le système de freinage », dit-il.

Le procès a en effet soulevé des zones d’ombre concernant l’éventuelle responsabilité du constructeur Alstom et de la régie municipale.

Lors de l’accident survenu en avril 2015, Jacques Burgède, 76 ans, avait fait une glissade de plus cinq mètres à l’intérieur de la rame, et sa tête avait heurté un poteau. Il était décédé après cinq jours passés à l’hôpital.

Système de veille

Le système de veille, en cours d’abandon sur certains tramways de France, oblige le conducteur à presser sur son volant toutes les 1 à 10 secondes sinon une sonnerie stridente se déclenche puis un freinage automatique brutal qui démultiplie les risques de faire tomber les passagers dans la rame.

Depuis l’accident de Nice, les rames n’ont pas été modifiées. La mairie a toutefois commandé un matériel différent pour les futures lignes 2 et 3. Sortie des usines Alstom à partir de 1997, la gamme Citadis équipe une vingtaine de villes françaises.

Un accident similaire à celui de Nice s’était produit à Montpellier en 2012.