Nice: Dans l'ancienne fac de Frédérique Vidal, des étudiants contre «l'expérimentation» des masters payants

BLOCAGE Le collectif « Sauve ta fac 06 » a bloqué l’accès à l’un des sites de l’université de Nice, la fac de Valrose…

Mathilde Frénois

— 

Les étudiants niçois bloquent l'accès au campus de Valrose.
Les étudiants niçois bloquent l'accès au campus de Valrose. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Ce mardi, aucun élève ni professeur n’a pu pénétrer sur le site de la fac niçoise de Valrose.
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a enseigné à Valrose avant d’être présidente de l’université de Nice.
  • Il est reproché à la ministre d'« essayer de faire passer au plan national, une expérimentation déjà en place à Nice » : les masters payants.

« Non ! Vous ne passerez pas ! » L’injonction des étudiants qui manifestent ce mardi devant le campus Valrose, à l’Université de Nice, est respectée. A part les personnels responsables de la sécurité de l’établissement, aucun élève ni professeur n’a pu pénétrer sur le site. Plus que les étudiants, ce sont les réformes que les manifestants ne veulent pas laisser passer. Ils protestent contre l’instauration des masters payants à l’université. Et ils n’ont pas choisi Valrose par hasard. C’est ici que Frédérique Vidal, actuelle ministre de l’Enseignement supérieur, a enseigné. Avant d’intégrer les équipes d’Édouard Philippe, elle était présidente de l’université de Nice.

>> A lire aussi : A Nice, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a laissé un souvenir mitigé

« Elle essaye de faire passer au plan national, une expérimentation déjà en place à Nice », explique un membre actif du collectif Sauve ta fac 06, à l’origine du blocage, qui n’a pas souhaité que son prénom soit mentionné.

L’université devrait être gratuite

Cette « expérimentation », c’est celle des masters payants. « Ce qui nous révolte, c’est que l’Etat est en train de créer des diplômes d’établissement qui ne sont autres que des masters payants, poursuit-il. L’Etat a commencé un processus de sortie des services publics et l’université en fait partie. »

Devant le portail, Luisa se retrouve bloquée. Cette technicienne de laboratoire cherche à entrer. Impossible. « Avoir des masters payants, ce n’est pas normal, dit-elle. Si ces étudiants ont choisi le public, c’est pour la gratuité. » Un discours partagé par Kalil, en licence d’informatique. « Si on avait voulu payer, on serait allé dans une école privée, affirme-t-il. L’université devrait être gratuite pour tout le monde. »

Vote d’un déblocage

Si les idées semblent être partagées devant le campus ce mardi, c’est plutôt la méthode qui dérange. « Je ne comprends pas l’utilité du blocage. Les gens ont besoin d’aller travailler », peste Alexandre. Anice poursuit. « C’est trop tard. C’était il y a un an qu’il fallait commencer à râler. Ces masters sont déjà mis en place. »

De son côté, la FACE 06, première fédération étudiante du département proche de Frédérique Vidal, estime que « bloquer une faculté́ n’est pas un modèle d’expression démocratique, bien au contraire ». Elle a « voté le déblocage de l’université́ Nice Sophia Antipolis. »