Nice: La Cnil demande l'arrêt de Reporty, l'application d'appels vidéo en direct à la police

EXPERIMENTATION AVORTEE Christian Estrosi dénonce la « position dogmatique » de la Commission nationale de l’informatique et des libertés…

Fabien Binacchi

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Le centre de supervision urbain (CSU) le 12 juillet 2016 à Nice
Le centre de supervision urbain (CSU) le 12 juillet 2016 à Nice — JEAN CHRISTOPHE MAGNENET AFP

Reporty, l’application israélienne d’appels vidéo en direct à la police, ne peut plus être utilisée à Nice. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) « a fait savoir à la ville qu’il convenait de cesser l’expérimentation aux motifs que la loi ne permet pas, à ce stade, l’utilisation de ce type de technologie », a annoncé la mairie ce lundi soir.

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Ce programme, développé pour les smartphones et qui permet, lorsqu’on est témoin d’une incivilité, de filmer l’incident en temps réel en connexion avec le centre de vidéosurveillance de la police municipale, était testé depuis le 15 janvier dans la capitale azuréenne. L’annonce de cette expérimentation avait suscité une levée de boucliers et la création d’un collectif dénonçant « la dérive sécuritaire du maire ».

« Position dogmatique de la Cnil »

Dans un communiqué, Christian Estrosi fustige « la position dogmatique de la Cnil ». « Une nouvelle fois, sans réelle explication, ni motivation, [elle] s’oppose aux initiatives prises en matière de sécurité en brandissant la protection des libertés individuelles comme étendard, sans s’intéresser à ceux qui subissent chaque jour des agressions sur leurs propres libertés. »

« Je demande au gouvernement de se pencher sur ces difficultés. Il est inconcevable de faire face à une menace sans précédent sans se donner les moyens de combattre, poursuit l’édile. A quel moment la France prendra-t-elle les mesures lui permettant d’accompagner les forces de sécurité intérieure dans le combat qui nous oppose au terrorisme ? »

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Quelques jours après le lancement de cette expérimentation, des associations, des syndicats et des partis politiques (EELV 06, Ensemble ! 06, Nice au Cœur, le PCF section Nice, le PS 06, le MRAP, Tous citoyens !) avaient annoncé la création d’un collectif anti-Reporty. lls dénonçaient une « délation généralisée » et une « atteinte à la vie privée ».