Nice: Christian Estrosi augmente l'impôt foncier pour investir (et désendetter la métropole niçoise)

TAXE La création d'une part métropolitaine de cette taxe devrait rapporter 63 millions d'euros par an à la collectivité...

F.Bi. avec AFP
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Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016.
Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016. — BEBERT BRUNO/SIPA
  • La nouvelle part métropolitaine de la taxe foncière, à 6,4%, s'ajoutera aux parts communale et départementale déjà prélevées.
  • Sur 123 votants, 101 ont voté pour, dont 42 maires, et 21 contre. Un élu s'est abstenu.
  • La taxe permettra de baisser le niveau d'emprunt et de soutenir un plan d'investissements qui passera de 382 millions d'euros en 2017 à 414 millions en 2018.

La décision a fait l’objet de longs débats. Et d’une levée de boucliers de certains élus. Mais au final, lundi, le président de la métropole Nice Côte d'Azur Christian Estrosi a obtenu le vote de la majorité pour augmenter l’impôt foncier, afin d’investir mais aussi de désendetter l’agglomération qui regroupe 49 communes autour de Nice.

L’annonce de cette nouvelle taxe, il y a deux semaines, avait fait l’objet d’une passe d’armes entre le maire de Nice et le député Eric Ciotti, dont une candidature aux municipales, en 2020, serait de plus en plus probable. 

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La nouvelle part métropolitaine de la taxe foncière, à 6,4 %, s’ajoutera aux parts communale et départementale déjà prélevées. Elle rapportera 63 millions d’euros par an.

Le FN raille « M. Fiscalisator », le PS évoque « une trahison des électeurs »

Sur 123 votants, 101 ont voté pour, dont 42 maires, et 21 contre. Un élu s’est abstenu. En plus des voix du Front National, dénonçant « M. Fiscalisator », et de celle de l’élu socialiste Patrick Allemand pointant « une trahison des électeurs », la maire du  du village de Rimplas, Christelle d’Intorni, a accusé la métropole de « vivre au-dessus de ses moyens ».

« Nous sommes une majorité silencieuse à ne pas souhaiter un nouvel impôt », a également affirmé le maire LR de Cap d'Ail, Xavier Beck. Henri Giuge, le maire de Saint-Martin Vésubie, à voter contre la taxe. D’autres ont au contraire salué le « courage politique » de Christian Estrosi.

Le cabinet d’Estrosi défend un choix déjà acté par d’autres métropoles

La taxe permettra de baisser le niveau d’emprunt et de soutenir un plan d’investissements qui passera de 382 millions d’euros en 2017 à 414 millions en 2018 en incluant les budgets annexes, dont les nouvelles lignes du tramway de Nice en construction.

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Dire qu’il s’agit d’un nouvel impôt « est faux », a indiqué le cabinet du maire de Nice, qui a préféré parler d'« harmonisation » : « Beaucoup de métropoles ont choisi d’user de cette possibilité depuis longtemps, par exemple Marseille en 2007, Toulouse en 2009, Strasbourg en 2011 et Lyon en 2015 », avec des taux parfois plus élevés, comme à Lyon.

Une dette évaluée à 1,4 milliard d’euros

La dette cumulée de la métropole (sans la ville de Nice) s’élève à 1,4 milliard d’euros fin 2017 mais est sur une trajectoire descendante qui sera confirmée dans la signature, attendue au cours du premier semestre, d’un contrat financier avec l’État.

Le réseau national d'alerte des finances locales est saisi de la situation de l’agglomération niçoise, selon un courrier du préfet, dans lequel ce dernier assure cependant que cette saisine n’a rien d’exceptionnelle et concerne d’autres collectivités.