Nice: La métropole se constitue partie civile dans l'affaire des remblais du tram, des millions de préjudices

ENQUETE Depuis 2016, des entreprises de travaux publics disséminaient des déblais sans retraitement «dans la nature» de l’arrière-pays niçois, pour éviter le coût de traitement…

Fabien Binacchi

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Le futur terminus de la ligne 2 du tramway de Nice
Le futur terminus de la ligne 2 du tramway de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Un trafic de déblais a été démantelé la semaine dernière dans la région et neuf personnes ont été mises en examen.
  • Le chantier de la future ligne 2 du tramway de Nice est notamment concerné.
  • La collectivité a annoncé qu’elle se constituait partie civile.
  • Le préjudice direct du point de vue des marchés publics se calcule « en millions d’euros », selon le procureur de la République de Nice.

« Victime d’une fraude », elle se défend. Après le démantèlement d’un trafic de déblais provenant notamment de la construction de la ligne 2 du tramway de Nice, la métropole Nice Côte d'Azur a annoncé ce week-end qu’elle se constituait partie civile.

D’autant plus que la collectivité n’en a pas fini avec les gros travaux. C’est justement ce lundi après-midi qu’elle doit officiellement lancer le chantier de la ligne 3, qui reliera l’aéroport au stade Allianz Riviera, à l’Ouest de Nice.

Un préjudice de plusieurs millions d’euros

La métropole, qui paie pour le traitement des déchets sur ses différents sites de construction, a décidé d’engager cette procédure « afin de défendre au mieux les intérêts de la collectivité victime de cette fraude ».

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Car « le préjudice direct du point de vue des marchés publics se calcule en millions d’euros », selon le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre, qui évoque « des centaines de tonnes » de déblais déversés « sur des terrains qui ne sont absolument pas des décharges ».

Selon nos informations, un seul sous-traitant sera en cause dans la cas du chantier de la ligne 2 du tramway de Nice. L'enquête, qui porte aussi sur d'autres chantier, et notamment celui du tunnel de Monaco, suit son cours.

« Dans la nature »

Depuis 2016, des entreprises de travaux publics disséminaient ainsi des déblais sans retraitement « dans la nature » de l’arrière-pays niçois. Tout ça pour éviter un coût de traitement très onéreux.

Le préjudice sur les marchés publics serait d’autant plus important que l’affaire va laisser « une deuxième ardoise pour la nécessaire remise en état et le traitement de ces déchets entreposés de manière sauvage », dixit le magistrat.

La semaine dernière, neuf personnes liées à une « nébuleuse » d’entreprises basées pour certaines à Monaco ont été mises en examen dans cette affaire.