Nice: En visite à la Police aux frontières, Eric Ciotti veut doubler le nombre de places de rétention

POLITIQUE A Nice, un seul centre de rétention administrative existe à la caserne Auvare et il compte 38 places, dans un département frontalier qui fait face à un fort flux de migrants... 

Mathilde Frénois

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Eric Ciotti à l'Assemblée nationale

Eric Ciotti à l'Assemblée nationale — LOIC VENANCE / AFP

Salle de palpation, bureaux administratifs et cellules. Ce lundi après-midi, Eric Ciotti a quitté les bancs de l’assemblée nationale pour une visite du centre de rétention administrative (CRA) de la Police aux frontières (PAF), installé à Nice à la caserne Auvare. Comme l’étaient invités les membres de la commission des lois, le député des Alpes-Maritimes a constaté les conditions d’accueil des personnes placées en zone de rétention.

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Un détour par la PAF auquel la majorité de la presse, pourtant conviée, n’a pas pu assister. C’est que, bien avant sa visite, Eric Ciotti avait tranché sur sa proposition de loi. Devant l’hémicycle, dans le cadre de la présentation par le gouvernement de la loi asile et immigration, il plaidera pour le doublement du nombre de places dans les centres de rétention administrative.

Eric Ciotti, ce lundi, dans les locaux de la Police aux frontières de Nice, la caserne Auvare.
Eric Ciotti, ce lundi, dans les locaux de la Police aux frontières de Nice, la caserne Auvare. - Service communication du député

« Des procédures moins naïves »

« Aujourd’hui, il y a 1.755 places de rétention administrative en France. Nous avons sans doute entre 400.000 et 500.000 étrangers en situation irrégulière. Il y a 184 centres de rétention administrative dans notre pays. Il faudrait deux fois plus de places en France », compte-t-il. Et les Alpes-Maritimes sont un exemple de cette tension. Un seul CRA existe à la caserne Auvare. Il compte 38 places, dans un département frontalier qui fait face à un fort flux de migrants.

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« Ici à Nice, nous manquons de places de rétention. La rétention administrative est la seule procédure qui donne de l’efficacité aux procédures d’éloignement. Quand un étranger en situation irrégulière est interpellé sur le territoire national, il n’a pas vocation à rester en France, pointe-t-il. Pourtant, dans l’immense majorité des cas, il reste en France. C’est pour ça qu’il faut changer les braquets. Il faut des procédures qui sont moins naïves. » Si le nombre de places double à Nice, il passerait « de 38 à 70 ou 80 en 2022 », peut-être au sein du projet de commissariat niçois à Saint-Roch. « Ce serait un premier pas », dit Eric Ciotti qui retournera, dès ce mardi, défendre sa vision de la politique migratoire à l’Assemblée.