Nice: Des commerçants formés pour mieux accueillir la clientèle LGBT

TOURISME Une formation est obligatoire pour l’obtention du label communal « Nice, irisée naturellement »…

Fabien Binacchi

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Les formations sont programmées sur deux journées
Les formations sont programmées sur deux journées — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Des formations sont proposées à tous les commerçants niçois (hôteliers, restaurateurs, lieux culturels, etc.) qui souhaitent obtenir le label gay-friendly « Nice, irisée naturellement ».
  • Elles proposent de la théorie mais aussi des cas pratiques.

« Cas pratique. Un client s’offusque d’avoir vu un couple LGBT s’embrasser dans le hall de votre hôtel. Comment réagir ? » En fin de semaine, à l’office du tourisme de Nice, des commerçants (cinq hôteliers et un théâtre) suivaient un cours bien particulier.

Une formation « pour un accueil de qualité de la clientèle LGBT », obligatoire pour l’obtention du label communal gay-friendly « Nice, irisée naturellement ».

Lancée en 2011 pour capter une clientèle économiquement ciblée, la marque niçoise arc-en-ciel s’est étoffée dès 2015 et réunit désormais 88 établissements dans toute la ville.

Théorie et cas pratiques

Au programme de ces master class, programmées sur deux jours, de la théorie (avec un large item « reconnaître et comprendre les sexualités » notamment) mais aussi beaucoup de situations à analyser.

« Une aide précieuse pour, ensuite, sensibiliser tous les personnels à ne pas porter de regard différent en fonction de la clientèle », avance parmi les participants Aurélie Haspe, attachée de direction et responsable de la gestion des plaintes et des conflits au Hyatt Regency Nice Palais de la Méditerranée.

« En ne montrant, par exemple, pas d’étonnement face à deux hommes qui se présenteraient à la réception pour une chambre avec un lit double », précise-t-elle.

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« Le label rassure »

Des détails qui peuvent paraître « anodins », mais qui ont en fait toute leur importance, selon les organisateurs. « Cette formation est conçue non pas pour la mise en place d’un accueil spécifique, mais pour pouvoir dire, ‘ici, on reçoit tout le monde sans discrimination et de manière ouverte’», pointe Benoît Arnulf, l’un des deux intervenants.

« Il y a encore une peur du rejet et le label rassure, d’une certaine manière, explique-t-il aussi. Certains vont aussi s’interroger sur l’opportunité d’une telle formation… Mais, les gens qui ne comprennent pas la démarche, c’est souvent qu’ils ne sont pas concernés. »