Côte d'Azur: A Nice (et bientôt à Cannes), des retraités cohabitent avec des étudiants

LOGEMENT En vue de l’ouverture prochaine de son campus, la cité des festivals va recruter des candidats à la «cohabitation intergénérationnelle»…

Fabien Binacchi
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Marie-Thérèse, 89 ans, et Etienne, 18 ans, se croisent surtout à l'heure des repas
Marie-Thérèse, 89 ans, et Etienne, 18 ans, se croisent surtout à l'heure des repas — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • La ville de Cannes veut mettre en place la cohabitation intergénérationnelle en vue de l’ouverture de sa propre université, en 2019.
  • A Nice, où le système existe déjà depuis 2012, une douzaine de binômes sénior-étudiant sont formés.

« Pour nous voir tous les deux, il faudra plutôt venir le soir, et pas trop longtemps s’il vous plaît. Etienne travaille beaucoup beaucoup. » Ils ne se côtoient que depuis la rentrée universitaire, mais Marie-Thérèse a déjà pris son tout jeune coloc, de 71 ans son cadet, sous son aile.

Comme une douzaine d’autres retraités niçois, cette arrière-grand-mère de 89 ans a choisi de partager son appartement, dans le quartier du port, avec des étudiants.

En version aidée à Cannes

Une expérience orchestrée par l’association Ensemble2générations depuis 2012 à Nice et que la ville de Cannes a décidé de mettre en place, en version aidée, pour au moins dix binômes. En vue de l’ouverture, en 2019, de sa propre université.

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A Cannes, la cohabitation intergénérationnelle sera organisée par Ensemble2générations, mais pilotée par la ville, via son CCAS. En fonction des revenus du sénior et de l’étudiant, la mairie pourra prendre en charge le coût de l’adhésion à l’association (300 euros par an) qui s’occupe de la pratique.

« Entre autres, nous rédigeons les baux et nous vérifions aussi que les logements sont compatibles avec la colocation », précise la vice-présidente Christiane Zehren.

Un système gagnant-gagnant

L’association est donc en quête de volontaires dans la cité des festivals. « J’encourage bien volontiers d’autres personnes à se porter candidates, explique Marie-Thérèse. Personnellement, ça me fait de la compagnie et ça contribue aussi un peu aux charges de mon grand appartement. J’y suis toute seule et il fait quand même 100 m2 ».

Pour une chambre, une salle de bains et l’accès au salon et à la cuisine, Etienne, en prépa PSCI (physique, chimie et sciences de l’ingénieur) au lycée Masséna, débourse environ 300 euros par mois.

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« C’est beaucoup moins que pour une chambre étudiante. Où on serait plutôt sur un loyer à 500 euros. Et puis, c’est la première fois que je quittais le cocon familial. Mes parents étaient un peu inquiets, surtout vu le rythme de la prépa. Ils ont trouvé ça bien que j’ai quelqu’un à qui parler le soir après les cours. » Les deux colocs ont signé pour un an. Ils verront l’été prochain s’ils renouvellent l’expérience.