Intercités Nice-Paris: Les usagers azuréen du train de nuit font de la résistance

TRANSPORTS Des rassemblements sont prévus jusqu’à la date prévue du démantèlement de la ligne…

Fabien Binacchi

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Illustration du départ d'un train de nuit.
Illustration du départ d'un train de nuit. — J. Mars/SIPA
  • La ligne de trains de nuit Nice-Paris doit être démantelée la 9 décembre prochaine, suite à la décision de l’ex-gouvernement de couper ce service jugé déficitaire.
  • A Nice, usagers et habitués de ces Intercités ont décidé de se mobiliser jusqu’au bout et même après leur arrêt.

« C’est le seul moyen de transport qui nous permet d’arriver à Paris tôt le matin pour ne pas gâcher toute une journée. En restant, en plus, un minimum fringuant ». Pour se rendre dans la capitale, jusqu’à deux fois par mois, Laurent voyage en couchette. Et c’est comme ça depuis qu’il est « tout petit ». Ce quadra fait partie des habitués des Intercités de nuit qui se désespèrent de voir disparaître leur Nice-Paris, le 9 décembre.

Mobilisation jusqu’au démantèlement annoncé

Des usagers qui montent au créneau et qui multiplient les mobilisations à l’approche de cette échéance imposée par l’ex-gouvernement et annoncé au printemps 2016. Faute, selon Alain Vidalies, l’ex-secrétaire d’État chargé des Transports, à une fréquentation et à une rentabilité en baisse, plusieurs lignes de ces trains de nuit ont été ou vont être supprimées.

>> A lire aussi : La moitié des lignes de nuit supprimée

Samedi dernier, des membres de l’association Les amis du rail azuréen sont venus en gare de Nice-Ville alerter les voyageurs de l’arrêt prochain de ce service quotidien. Ils seront de retour lundi soir, appuyés par la CGT.

« On est déjà excentrés, coincés dans un coin de France et on veut encore nous enlever une liaison avec Paris », s’agace Germain Nallino, le président de cette fédération. « Ces trains sont souvent pleins, surtout le week-end, et ils répondent à une vraie demande, pour beaucoup familiale, pointe le responsable. On nous dit qu’il s’agit de lignes déficitaires. Mais, on a surtout l’impression que c’est tout pour l’avion et tout pour la bagnole. »

L'exemple du Paris-Cerbère

Partout en France, des associations de voyageurs essaient de sauver ces lignes nocturnes démantelées les unes après les autres. Pour celle qui relie la capitale azuréenne à Paris, le collectif national Oui au train de nuit (dont la pétition a réuni 25. 000 signatures), espère bien qu’il ne s’agira que d’un au revoir.

« Pour le train Paris-Cerbère, la région Occitanie et l’Etat ont réussi à trouver un accord financier pour le relancer, pointe Nicolas Forien, un des responsables. En Autriche, le train de nuit a été repris et ça marche. Il faut juste une volonté politique. » En attendant, les usagers n’ont pas prévu de lâcher le wagon.