L'association Roya Citoyenne sera fixée début novembre sur son sort

AIDE AUX MIGRANTS Le tribunal de Nice statuera le 9 novembre sur la demande, portée par des proches du FN, de dissolution de l’association où milite l’agriculteur Cédric Herrou…

20 Minutes avec AFP

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Cédric Herrou,  membre du conseil d'administration de Roya Citoyenne. (Photo d'archives)
Cédric Herrou, membre du conseil d'administration de Roya Citoyenne. (Photo d'archives) — CLAUDE PARIS/AP/SIPA

Une demande de dissolution de Roya Citoyenne portée par une autre association créée à l’initiative d’un conseiller régional apparenté FN a été déposée au tribunal de  Nice, qui a mis vendredi en délibéré son jugement au 9 novembre.

Créée à l’initiative d’Olivier Bettati, conseiller régional Paca apparenté Front national, l’association Défendre la Roya, à l’origine de cette assignation en référé, estime que Roya Citoyenne, une association dont la figure de proue est l’agriculteur Cédric Herrou, exerce « des activités illégales » et que son objet social est « illicite », a indiqué Me Jessica Dalmasso, son avocate, à la barre.

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« Cette association détourne son objet social, qui est la défense des intérêts des citoyens dans le cadre de l’urgence humanitaire et, sous couvert de solidarité, mène des actions illégales », a-t-elle motivé devant le tribunal.

La défense de Roya Citoyenne, par la voix de Me Catherine Cohen-Seat, a récusé le fait que le collectif ait effectué des actes illégaux : « Et si nous commettons des actes illégaux, que fait la police, que fait le préfet qui peut prononcer la dissolution ? », s’est-elle interrogée.

« Défendre la Roya ne cherche que le buzz »

Cédric Herrou, condamné en appel pour aide à des étrangers en situation irrégulière, « ce n’est pas Roya Citoyenne, ce n’est qu’un membre du conseil d’administration », a de son côté fait valoir Mireille Damiano, également en défense du collectif. Selon elle, l’association Défendre la Roya ne cherche que le « buzz ». « La seule action de Défendre la Roya, c’est de répandre la haine et la violence », a-t-elle estimé, demandant au tribunal d’être sévère avec cette action « qui n’a pas lieu d’être ».

« Il faut que les gens respectent la loi, c’est ça qu’on demande », a indiqué pour sa part Eric Payet-Maugeron, qui préside l’association Défendre la Roya. « Au bout d’un moment, il faut que ça s’arrête, parce que dans la vallée les gens commencent à se regarder en chiens de faïence, on a peur que ça finisse mal », a estimé ce retraité de la Police aux frontières qui vit à Tende.

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La vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, connaît une importante pression migratoire que l’Etat tente de juguler. Plus de 33.000 interpellations suivies de reconduites à la frontière ont été enregistrées depuis janvier dans le département et de nombreux bénévoles ont été traduits en justice.