Côte d'Azur: Deux ans après le déluge meurtrier, comment Cannes se protège

INTEMPERIES Les pluies torrentielles du 3 octobre 2015 avaient causé la mort de cinq personnes dans la cité des festivals…

Fabien Binacchi
Des personnes marchent dans une rue dévastée par les intempéries à Cannes le 4 octobre 2015
Des personnes marchent dans une rue dévastée par les intempéries à Cannes le 4 octobre 2015 — PatricK CLEMENTE AFP
  • Après le drame climatique du 3 octobre 2015, Cannes a pris des mesures pour se protéger en cas de nouvelles inondations.
  • De nouveaux moyens d’alertes, des travaux pour faciliter le ruissellement des eaux ont notamment été lancés.

Le soir du 3 octobre 2015, 195 mm de pluie étaient tombés par mètre carré en un plus de deux heures à Cannes. « Soit l’équivalent d’une piscine olympique toutes les huit secondes par endroits », rappelle le maire (LR), David Lisnard.

Deux ans jour pour jour après ce déluge meurtrier qui avait fait vingt morts sur la Côte d’Azur, dont cinq dans la seule cité des festivals, 20 Minutes fait le point sur ce qui a été fait pour tenter d’éviter un nouveau drame.

De nouveaux moyens d’alerte

Perchés sur des mats, des haut-parleurs pourront désormais aiguiller la population « dans les vallons les plus sensibles », note la ville. Les quartiers La Frayère et République sont ainsi équipés de 140 enceintes, dans 70 sites. Ils permettront de donner les premières consignes, évacuer ou se calfeutrer mais surtout ne pas aller dans les sous-sols.

La commune a également mis en place le service Cannes alerte, qui permet d’enregistrer différents numéros de téléphone et e-mails pour recevoir des notifications par SMS, courriels et messages vocaux. Plus de 35.000 personnes sont déjà enregistrées. Les Cannois et les habitants de la communauté d’agglomération des Pays de Lérins peuvent également télécharger l’application pour smartphone My Predict (gratuit), qui peut prévenir d’une alerte météo pour des zones précises.

Des initiatives pour faciliter l’élimination des eaux

Ce soir d’octobre 2015, les sols étaient devenus imperméables en quelques minutes. Faute à l’urbanisation ? Le débat reste ouvert. En tout cas, la mairie fait savoir que, depuis le drame, « onze permis de construire n’ont pas été délivrés en raison du risque d’inondation ». Le PLU a été modifié pour que « la délivrance des nouveaux permis soit soumise a un diagnostic de vulnérabilité ».

La ville a également décidé d’en faire plus pour faciliter le ruissellement. Avant le 3 octobre 2015, 41.000 avaloirs d’eau pluviales étaient nettoyés annuellement. Ce chiffre est désormais passé à 74.000. « Et nous y retournons aussi en cas d’alerte, juste avant le phénomène climatique », pointe David Lisnard. Les vallons sont aussi débroussaillés davantage, vante la ville. Avant le déluge, 55.000 m2 étaient traités chaque année. Ce sera presque le double (100.445 m2) en 2017.

Des travaux pour gérer les crises

L’épisode dramatique d’octobre 2015 a aussi conduit la municipalité a revoir sa copie dans certains bâtiments publics. Dans le groupe scolaire La Frayère, à l’Ouest de la ville, la ville a notamment créé une passerelle pour permettre l’évacuation des enfants éventuellement présents dans les bâtiments de plain-pied (maternelle et réfectoire) jusqu’au premier étage de l’école élémentaire.


La commune a également investi dans une « plateforme cartographique 3D de gestion des risques ». Pour mieux évaluer les sites à protéger, les sites de repli, et les routes à fermer en cas de crise.

En attendant d’éventuels nouveaux travaux qui pourraient être décidés dès 2018 et les conclusions d’un appel à solutions innovantes lancé en mai dernier. Et auquel 28 sociétés ont répondu.