Attaques du loup: Vers une concertation avec éleveurs et associations sur la prédation

ANIMAUX L’Etat veut faire coexister les espèces sauvages et le pastoralisme sur un même territoire…

Mathilde Frénois

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Le loup, entre attraction et répulsion.
Le loup, entre attraction et répulsion. — Superstock / Sipa
  • Associations et éleveurs ont chacun des solutions pour éviter les attaques de loups.
  • Le gouvernement lance « une concertation à partir de la rentrée » pour aboutir au plan-loup en janvier 2018.

Le 26 juin 2017, Hugues Fanouillère s’était levé avec un « sentiment d’écœurement ». Ce matin-là, autour de sa bergerie de Saint-Etienne-de-Tinée, il avait retrouvé quatre de ses brebis laitières « déchiquetées » par le loup.

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Pour que cette scène ne se reproduise plus, le gouvernement lance « une concertation à partir de la rentrée » pour aboutir au plan-loup en janvier 2018 : « Nous devons collectivement relever le défi de la préservation de cette espèce protégée, qui est structurante de nos éco-systèmes, et assurer des conditions d’élevage », soutient le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot.

Le métier d’aide berger

L’association azuréenne Green défend la place du loup dans son espace sauvage. « La solution pour la cohabitation, ce sont les vraies protections : le parcage nocturne dans des locaux fermés et un parc électrifié d’1m40 de haut », estime Erica. Dans sa bergerie, Hugues Fanouillère fera partie de la concertation, son troupeau de 60 bêtes ayant été attaqué alors qu’il était clôturé. « Le pastoralisme, ce n’est pas le parc zoologique, affirme sa compagne qui travaille également sur l’exploitation. On ne peut pas clôturer comme un pavillon de banlieue ou un zoo. »

Depuis l’attaque, ces bergers regroupent les brebis dans des parcs électrifiés la nuit et procèdent à une surveillance rapprochée la journée. « On n’a pas de solution, dit Hugues. On aimerait cohabiter mais, notre premier travail, c’est de défendre notre troupeau. »

Depuis plusieurs années, l’association pour la promotion du pastoralisme dans les Alpes-Maritimes forme entre cinq et sept jeunes au métier d’aide berger. « Mais impossible de laisser une présence humaine 24 heures sur 24 », regrette encore le berger.