VIDEO. Nice: «Anti-migrants», le journal «A Vugi d’a la Roya» visé par une enquête

JUSTICE La publication, distribuée gratuitement dans les villages de la vallée de la Roya, est tirée à 5.000 exemplaires…

Mathilde Frénois

— 

Le palais de justice de Nice ce mercredi après-midi.
Le palais de justice de Nice ce mercredi après-midi. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Les responsables du journal n’ont pas déposé les statuts de publication.
  • Une première audience est prévue vendredi matin.

« Ni loups, ni camions, ni migrants ! » Dès la une, A Vugi d’a la Roya (la voix de la Roya) donne le ton. Distribué dans la vallée, le journal « anti-migrants » est dans le collimateur de la justice. Face à l’absence de déposition des statuts de publication, le parquet de Nice a ouvert une enquête.

« Les articles sont agressifs, avec un ton polémique voire ordurier, précise le procureur de la République Jean-Michel Prêtre. C’est une publication de nature, certainement, à troubler les relations entre les personnes et peut-être même l’ordre public. »

« Une action de résistance »

Dans le premier numéro tiré le 24 juillet à 5. 000 exemplaires, un dossier est consacré aux « hippies réacs en Roya », au « réseau passeur d’Herrou » et à un militant qualifié de « bwana des migrants ». Des articles écrits par Rodolphe Crevelle, déjà condamné pour provocation à la discrimination raciale. Dans la Roya, Nicolas Zahar est son principal soutien : « On est dans une action de résistance face à l’immigrationniste et au grand gourou Herrou [qui accueille des réfugiés] », explique cet agent immobilier qui, soutenu par Jean-Marie Le Pen, s’est présenté aux législatives.

Nicolas Zahar, comme certains autres commerçants des villages de la Roya, a mis à disposition dans son agence immobilière des exemplaires de A Vugi d’a la Roya. « A la fois ceux qui en sont les auteurs et ceux qui le distribuent pourront faire l’objet de poursuites pénales », détaille le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre.

« Les propos de ce torchon sont diffamatoires »

Après lecture de la publication, vingt-trois personnes ont porté plainte. « Les propos de ce torchon sont diffamatoires, avec la circonstance aggravante de l’injure », estime leur avocate Me Maéva Binimelis. Georges Faye n’a pas porté plainte.

Mais ce militant a retrouvé son visage en une, accolé des mots « bwana » et « franc-maçon » : « Je suis insensible à toute critique qui ne me paraît pas sensée, dit-il. Mais je considère que cette publication est un appel à la violence. » Une première audience se tiendra vendredi au palais de justice de Nice.