Attentat de Nice: Le fils de la première victime veut faire de sa peine «un combat» pour la déradicalisation

ATTENTAT A l’approche du premier anniversaire de l’attentat de Nice et de l’hommage, Ali Charrihi se concentre sur son association Ma mère patrie…

Mathilde Frénois

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C'est sur la promenade du Paillon qu'Ali Charrihi, et les autres familles de victimes, assistera à l'hommage un an après l'attentat de Nice.
C'est sur la promenade du Paillon qu'Ali Charrihi, et les autres familles de victimes, assistera à l'hommage un an après l'attentat de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Ali Charrihi est le fils de la première victime de l’attentat de Nice, Fatima Charrihi.
  • Pour lui, l’hommage montre que «l’Etat assume et reconnaît les victimes».

Depuis un an, Ali Charrihi n’a remis les pieds sur la promenade des Anglais que deux fois. « J’ai fini en pleurs. Passer sur la prom', c’est trop stressant, trop d’émotions, trop de souvenirs. Pour moi, elle est définitivement entachée, explique à 20 Minutes le fils de la première des 86 victimes de l’attentat de Nice, Fatima Charrihi. J’espère qu’un jour, j’y retournerai sans appréhension, mais c’est une plaie qui ne se refermera jamais. »

Comme plus de 30.000 personnes, Ali était face à la baie des Anges ce 14 juillet 2016. Avec sa famille, il admire les fusées multicolores retomber dans la mer. Le feu d’artifice terminé, cet agent de sécurité de 37 ans part déplacer sa voiture, laissant sa famille sur le trottoir, en face de l’hôpital Lenval. « Le temps de me garer, le camion était passé. Et ma mère à terre. J’ai la culpabilité d’être parti juste à ce moment. Ça me reste en travers de la gorge, dit Ali Charrihi. On ne croit jamais que ça peut nous arriver, à nous. »

Prévention contre la radicalisation

Depuis ce jour, Ali Charrihi, son père et ses quatre sœurs tentent de se reconstruire. « Mon sentiment évolue vers un combat. D’un mal, je veux en faire un bien », espère ce père de trois enfants. La famille a créé l’association Ma mère patrie qui a pour objectif l’aide aux familles de victimes et, surtout, la prévention contre la radicalisation.

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Sa sœur Latifa Charrihi a déjà fait deux interventions dans des quartiers où elle raconte son histoire, celle de sa mère et son 14-Juillet. « L’islam est une religion de paix compatible avec la démocratie, tient à rappeler Ali Charrihi. En mémoire pour ma mère, c’est important de mener ce combat contre l’obscurantisme. Les musulmans aiment ce pays et le défendent. »

François Hollande et Emmanuel Macron

Vendredi, sur la place Massena de Nice, Ali Charrihi, comme l’ensemble des familles de victimes, assistera à l’hommage et rencontrera Emmanuel Macron. Le Niçois veut faire part au président de la République de « l’importance de la prévention » et de « la dangerosité de la confusion » entre musulmans et terroristes.

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En octobre, sur la colline du château, la famille Charrihi avait déjà rencontré l’ancien président lors de l’hommage national. « Après avoir discuté avec François Hollande, on s’est senti bien. Ça prouve que l’Etat assume et reconnaît les victimes. C’est une manière de faire son deuil »… et de se reconstruire. Encore un peu plus.