Attentat de Nice: Relaxe requise pour une policière qui a «fantasmé» des pressions gouvernementales

JUSTICE La procureur a estimé que la prévenue avait « fantasmé » ces prétendues pressions...

20 Minutes avec AFP

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Sandra Bertin, le 24 juillet 2016 à Nice.
Sandra Bertin, le 24 juillet 2016 à Nice. — VALERY HACHE / AFP

La procureur a requis ce vendredi la relaxe au bénéfice de la bonne foi de la policière municipale Sandra Bertin, qui a reproché au ministère de l’Intérieur de l’avoir harcelée pour modifier un rapport sur l’attentat de Nice.

La représentante du parquet a dit sa « certitude qu’il n’y a jamais eu d’ordre passé à Sandra Bertin pour faire un faux » et demandé au tribunal correctionnel de Paris de « rétablir la vérité » à cet égard.

Des pressions « fantasmées »

La procureur a estimé que la prévenue avait « fantasmé » ces prétendues pressions, mais jugé qu’elle n’avait pas eu d'« intention maligne » en les rapportant ensuite à une journaliste du Journal du Dimanche, qui en a fait un article publié le 24 juillet.

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, et l’administration de la police nationale avaient porté plainte contre Sandra Bertin après cette parution.

L’article avait alimenté une polémique sur le dispositif de sécurité au moment où Mohamed Lahouaiej Bouhlel a foncé avec son camion dans la foule, faisant 86 morts et 450 blessés sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016.

Une affaire qui s’assimile à un « malentendu »

La représentante du ministère public a balayé l’idée selon laquelle la policière municipale aurait pris part à une « manipulation » orchestrée par l’actuel maire de Nice, Christian Estrosi, bien que Sandra Bertin ait eu des « accointances politiques » avec lui.

>> A lire aussi : Qui est Sandra Bertin, la policière qui a fait sortir Bernard Cazeneuve de ses gonds ?

Pour le parquet, cette affaire s’assimile à un « malentendu », né dans un moment de « stress » et « d’extrême fatigue », quand « plus personne ne se comprend et n’arrive à se parler calmement. »

Dans le JDD comme à l’audience, Sandra Bertin, responsable des 1.734 caméras de vidéosurveillance installées à Nice, a parlé d’une pression « crescendo » exercée au lendemain du drame par une représentante du ministère de l’Intérieur, qui lui aurait demandé de modifier un rapport sur les positions des policiers nationaux sur le parcours du camion.

Cette version des faits a été démentie au tribunal par plusieurs représentants, à des échelons divers, de l’administration de la police nationale et du ministère de l’Intérieur.