Alpes-Maritimes: Nouvelle attaque de loups «en lisière» d'habitations

FAITS DIVERS Quatre brebis d’un troupeau de Saint-Etienne-de-Tinée ont été retrouvées « déchiquetées » lundi…

Fabien Binacchi

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Illustration: Un loup le 13 novembre 2012 dans le parc du Mercantour , à Saint-Martin-Vesubie.
Illustration: Un loup le 13 novembre 2012 dans le parc du Mercantour , à Saint-Martin-Vesubie. — AFP PHOTO / VALERY HACHE
  • Des loups ont attaqué une bergerie protégée par des fils électrifiés et des barrières de sécurité, à Saint-Etienne-de-Tinée
  • Selon l’éleveur, qui a perdu quatre brebis, « la cohabitation n’est plus possible dans les Alpes-Maritimes entre le pastoralisme et le loup »

Toutes ses précautions n’auront pas suffi. Malgré l’installation d’un parc électrifié et de barrières de sécurité, un éleveur de Saint-Etienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes) a découvert quatre de ses brebis laitières complètement « déchiquetées » ce lundi matin.

Une nouvelle attaque de loups, la deuxième pour Hugues Fanouillère, qui inquiète cet agriculteur du haut pays azuréen, à la tête d’un troupeau d’une soixantaine de bêtes. « C’est de plus en plus en plus fréquent et de plus en plus proche des habitations. Notre bergerie [de la Belloire] est située en lisière du village », explique-t-il à 20 Minutes.

« La cohabitation n’est plus possible »

Saint-Etienne de Tinée célébrait sa Fête de la transhumance dimanche. Des troupeaux ont parcouru le village. « Et les loups sont venus se servir juste derrière la bergerie dans la nuit, précise Hugues Fanouillère. Quatre bêtes ont été tuées, une seule a été consommée. »

« On est écœurés, se lamente l’éleveur. On arrive à un moment où on se demande ce qu’il faut faire. Moi je pense tout simplement que, dans notre région, la cohabitation n’est plus possible entre le loup et le pastoralisme. »

Le nombre tirs de prélèvements de loups relevé

Le département des Alpes-Maritimes est celui qui a enregistré le plus de dégâts sur les troupeaux sur la période 2016-2017. Près de 3.000 bêtes ont été tuées. Parallèlement, c’est aussi sur la Côte d’Azur que le nombre de loups « prélevés », selon un quota prévu par le ministère de l’Environnement, a été le plus important. Quatorze spécimens y ont ainsi été abattus sur un total de 38.

>> A lire aussi : Pourquoi autant de loups sont-ils tués dans les Alpes-Maritimes?

La semaine dernière, le quota pour la saison, en cours jusqu’au 30 juin, a été relevé à 40 spécimens, permettant ainsi l’abattage de deux loups supplémentaires. Un nouveau décret devra fixer, le 1er juillet, le nombre d’animaux qui pourront être ainsi « prélevés » jusqu’au 30 juin 2018.

Dans la soirée, lundi, le maire LR de Nice Christian Estrosi a justement réclamé, via son compte Twitter, un « nouvel arrêté de tirs », appelant à « [protéger les] éleveurs ».