Nice: Le préfet prêt à étudier une nouvelle demande d'expropriation de la mosquée En-Nour

RELIGION La mairie, qui s’oppose au lieu de culte, va demander une nouvelle déclaration d’utilité publique pour un autre équipement…

F.B. avec AFP

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L’imam et recteur Mahmoud Benzamia officie le premier Tarawih, dans la mosquée En Nour de Nice.
L’imam et recteur Mahmoud Benzamia officie le premier Tarawih, dans la mosquée En Nour de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

La mairie de Nice va repartir à l’attaque de la mosquée En-Nour et le préfet des Alpes-Maritimes s’est dit prêt à examiner sa demande. Georges-François Leclerc a fait savoir qu’il pourrait étudier la possible expropriation ; pour cause d’utilité publique, du lieu de culte. La ville prévoit un vote en ce sens dès vendredi au conseil municipal.

« Mais, oui, on peut relancer un dossier d’expropriation pour cause d’utilité publique. Maintenant, je ne peux pas vous dire ce que je déciderai. Cela dépendra du contenu. Mais je l’examinerai », a expliqué le préfet dans une interview à Nice-Matin. Il ajoute qu’il veillera, le cas échéant, à ce que les fidèles aient un lieu de prière alternatif « digne et organisé ».

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« Une épée assassine dans le dos des Niçois musulmans »

C’est « comme une épée assassine dans le dos des Niçois de confession musulmane, en plein ramadan », a réagi Me Ouassini Mebarek, l’avocat de la mosquée. « Nous avons un droit et un titre qui est un bail, et nous avons une décision de justice qui émane de la plus haute autorité, le Conseil d’État, et ce n’est pas un préfet de la République qui va la remettre en question », a-t-il ajouté.

Une nouvelle déclaration d’utilité publique pour un équipement remplaçant la mosquée doit être votée vendredi en conseil municipal. La mairie avait déjà proposé une crèche à la place. « On dépose une nouvelle demande de déclaration d’utilité publique, différente de la précédente et qui comprendrait un équipement petite enfance, une halte-garderie, une ludothèque et un espace de co-working », précise la mairie.

La mairie propose un autre terrain

La mairie accuse En-Nour de financement opaque et de salafisme. La mosquée a porté plainte pour incitation à la haine. Ouverte en 2016, elle vient de se conformer à la demande des autorités et de récupérer l’entière propriété des lieux à l’origine achetés par un Saoudien, mais le préfet estime que « ce n’est pas suffisant ». « Ce transfert de propriété ne me garantit pas transparence sur les financements », dit-il.

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La mairie propose aussi un autre terrain pour bâtir une autre mosquée. Ce terrain serait loué en bail emphytéotique. Seul hic, il a été identifié début 2016 au moment où le centre En-Nour était déjà achevé. La mosquée au cœur de la polémique a ouvert peu après en application d’un arrêt du Conseil d’État.