Nice: «Mein Kampf» en vente au Festival du livre, «inacceptable» pour la mairie

POLEMIQUE Un élu de la ville parle de « promotion de la haine » et de « xénophobie »… 

Fabien Binacchi

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Le festival du livre de Nice, lors d'une précédente édition.
Le festival du livre de Nice, lors d'une précédente édition. — Archives ANP
  • Interpellé par un élu, le bouquiniste a finalement retiré de son stand le livre d’Adolf Hitler
  • La ville de Nice se penche sur ce cas pour que cette situation de se reproduise plus

La ville de Nice jure qu’on ne l’y prendra plus. Après la découverte d’un exemplaire de l’ ouvrage d’Adolf Hitler Mein Kampf (Mon combat), dimanche sur un stand de son Festival du livre, la municipalité a indiqué qu’elle instaurerait « de nouvelles dispositions pour éviter que cela ne se reproduise lors des prochaines éditions ».

« C’est moralement inacceptable, a jugé Jean-Luc Gag, le conseiller municipal niçois délégué à la Littérature, interrogé par 20 Minutes. Nous avons réagi dès que nous avons été avertis qu’un spécimen du livre était présent sur le festival. »

Le bouquiniste pris à partie par un élu communiste

Dimanche après-midi, le bouquiniste en question, rabroué par un élu d’une commune voisine, a fini par retirer l’exemplaire de la vente. Le conseiller municipal communiste de Cagnes-sur-MerJean-François Téaldi a raconté la scène sur son compte Facebook. « En milieu de journée des auteurs me signalent qu’un bouquiniste vend Mein Kampf sur son stand. J’informe les organisateurs que je vais aller le faire retirer », explique-t-il.

Sur place, le responsable du stand répond d’abord : « Mein Kampf est dans le domaine public, il n’y a rien d’illégal ». « Faux », selon l’édile, qui aurait alors rétorqué : « si vous diffusez Mein Kampf, il faut que ce soit avec l’avertissement que ce pamphlet a causé la mort de millions de personnes, or ce n’est pas le cas ».

La ville de Nice saisit ses juristes

La législation prévoit en effet qu’un exemplaire traduit en français de cet ouvrage peut être vendu (mais pas exposé) uniquement s’il est assorti d’un texte rappelant notamment qu’il ne respecte pas la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 modifiée par la loi du 3 juillet 1972 et évoquant les dramatiques conséquences du Troisième Reich.

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Le bouquiniste a fini par remiser l’ouvrage, non sans regretter la « censure d’une expression culturelle ». La ville de Nice a en tout cas tranché pour les prochains numéros de son Festival du livre. « Nous allons demander à nos juristes d’étudier les voies qui nous permettraient d’éviter que cela se reproduise, a précisé Jean-Luc Gag. Il n’est pas concevable que la manifestation serve de vitrine à des ouvrages qui font la promotion de la haine ou encore de la xénophobie ».