Attentat de Nice, un an après: Comment des soignants sont passés «de touristes à secouristes» pour aider les victimes

ATTENTAT DE NICE Pompiers, médecins, infirmiers et aides-soignants se livrent à cœur ouvert…

Mathilde Frénois

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Marc Magro, médecin urgentiste, a compilé les témoignages des soignants du 14 juillet dans un livre.
Marc Magro, médecin urgentiste, a compilé les témoignages des soignants du 14 juillet dans un livre. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • C’est en écoutant ses collègues que Marc Magro a eu l’idée du livre.
  • Il voit son ouvrage comme un hommage au personnel soignant.

Il y a ceux qui étaient de garde. Ceux qui profitaient du feu d’artifice entre amis et les autres qui étaient à la maison avec leur famille. Tous se sont mobilisés le 14 juillet sur la promenade des Anglais pour porter secours aux victimes de l’attentat de Nice. Dix mois après l’attaque qui a fait 86 morts et plusieurs centaines de blessés, l’urgentiste azuréen Marc Magro a recueilli le témoignage d’une cinquantaine de pompiers, infirmiers, aides-soignants, médecins. Autant de petites histoires dans la grande qu’il compile dans le livre Soigner : Nice, le 14 juillet 2016 (aux éditions First, 320 pages, 16,95 €), en librairie ce jeudi.

Ce soir-là, Marc Magro travaillait à Menton. C’est bien plus tard, en écoutant ses collègues au quotidien, qu’il a souhaité donner la parole aux soignants. « On ne les entend jamais, pourtant j’étais touché par leur engagement », dit-il. Le médecin urgentiste retrace la soirée du 14 juillet minute par minute, sautant de témoignage en confession. « Ils n’ont pas hésité une seconde à se mobiliser, avec leurs moyens », affirme-t-il.

« De touriste à secouriste »

Le médecin raconte la soirée de Goran, jeune pompier volontaire de 16 ans, qui « est passé de touriste à secouriste avec ce qu’il avait sous la main ». Il revient sur l’engagement de Benoît, urgentiste, qui s’est retrouvé par hasard à Lenval et a laissé ses enfants et sa femme pour courir sauver des victimes. Il retrace la route du pompier professionnel Sam qui, sur son scooter, a compté le nombre de morts sur 1,7 km.

« On n’est jamais préparé. Il y a énormément de soignants qui sont arrivés sur les lieux sans connaître l’ampleur de la catastrophe. Ça a été un travail d’adaptation », explique Marc Magro qui voit son livre comme un hommage au personnel soignant.