Législatives: Dans les Alpes-Maritimes, Eric Ciotti est-il en danger?

POLITIQUE Dans les Alpes-Maritimes, 124 candidats se présentent aux législatives pour neuf sièges. Dans la 1re circonscription, Eric Ciotti, député sortant LR, est au centre de l’opposition…

Mathilde Frénois

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La candidate La République en marche ! Caroline Reverso se présente face à Eric Ciotti (LR) dans la première circonscription des Alpes-Maritimes.
La candidate La République en marche ! Caroline Reverso se présente face à Eric Ciotti (LR) dans la première circonscription des Alpes-Maritimes. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Depuis 2002, tous les députés des Alpes-Maritimes sont de droite
  • Une tendance qu’il n’est pas sûr de retrouver le 18 juin même dans la 1re pourtant où se représente Eric Ciotti

Si les Alpes-Maritimes ont une particularité, c’est bien leur orientation politique. Dans ce département du sud-est de la France, tous les députés sortants sont issus de la droite. Une tendance qui se perpétue depuis 2002. Mais la couleur des sièges pourrait être davantage nuancée lors des prochaines élections législatives, les dimanches 11 et 18 juin 2017. L’arrivée sur la Côte d’Azur de candidats  La République en marche pourrait bien faire flancher les sortants ou prétendants Les Républicains… jusqu’au très installé Eric Ciotti. Zoom sur la 1re circonscription des Alpes-Maritimes.

>> Résultat du premier tour de la présidentielle dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes

Parlementaire depuis dix ans, l’élu LR Eric Ciotti tente de briguer un troisième mandat : « L’enjeu, c’est de maintenir le lien de confiance très fort qui m’unit aux électeurs de cette circonscription et de défendre des valeurs de droite auxquelles j’adhère sans changer, sans varier, avec une ligne droite. » Sur sa lancée, Eric Ciotti misera sur les questions régaliennes de sécurité, de terrorisme, de justice, d’immigration et de lutte contre le communautarisme. « Le nouveau président de la République a dit qu’il voulait travailler avec la droite, donnons-lui la possibilité de le faire sur des bases claires », envisage Eric Ciotti.

La permanence d'Eric Ciotti (LR) est installée sur le port de Nice.
La permanence d'Eric Ciotti (LR) est installée sur le port de Nice. - M. Frénois / ANP / 20 Minutes

« Recréer une proximité et un lien social avec le député »

D’autant plus qu’une candidate La République en marche se présente dans sa circonscription, une opposition inédite pour l’élu LR. « Cette candidature ne relève pas du hasard », estime Eric Ciotti qui pointe, en filigrane, l’absence de candidat LREM face à Marine Brenier, successeur de Christian Estrosi.

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Cette candidate En marche !, c’est Caroline Reverso Meinietti. Encore avocate il y a quelques mois, elle s’engage pour la première fois en politique. Une particularité qu’elle entend mettre en avant pendant sa campagne. « J’ai envie de montrer que je ferai les choses différemment. Je veux recréer une proximité et un lien réel avec le député, qui écoute et qui entend, explique-t-elle. Nous avons besoin d’avoir des députés qui nous ressemblent, qui ont conscience des difficultés des citoyens. » Multipliant les réunions publiques pour se faire connaître face à la figure politique d’Eric Ciotti, Caroline Reverso Meinietti veut « faciliter l’accès au logement », « rassurer les commerçants », « intégrer les personnes âgées » et « recentrer la priorité sur l’école ».

Être encore présents au second tour

L’élection présidentielle a bousculé les certitudes sur ce territoire, fief de la droite. Jean-Luc Mélenchon ayant rassemblé 17 % des suffrages à Nice au premier tour, les candidats LR et LREM ne sont pas les seuls à espérer être encore présents au second tour. Se présentant pour la troisième fois, le candidat France InsoumiseRobert Injey souhaite rassembler « le maximum d’hommes et de femmes qui veulent se débarrasser de la politique réactionnaire de Ciotti ». Pour cela, il annonce qu’il luttera contre les inégalités. « Elles n’ont de cesse de se creuser, dit-il. Le taux de pauvreté à Nice est de 20 % alors qu’il est de 14 % au niveau national. »

Egalement à gauche de l’échiquier politique, le candidat PSYann Librati mise sur la question environnementale. « Dans les années à venir, je pense que nos enfants ne comprendront pas pourquoi on a attendu autant d’années pour agir. Par exemple, les particules fines tuent des gens mais elles sont absentes du débat politique. »

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« Ne pas faire de compromis »

Si la LREM présente une menace à la réélection d’Eric Ciotti, la candidature FN peut également jouer les trouble-fêtes. C’est le doyen du conseil régional Paca, Jean-Pierre Daugreilh qui portera les couleurs frontistes. Il entend lutter « contre la suppression du ministère de la Famille », « régler les problèmes démographiques de la France » et dynamiser « le premier port cimentier de France [Nice] en réutilisant les voies du tram » sans jamais « faire de compromis comme le fait Eric Ciotti ». Le candidat sortant est bien au centre de l’opposition dans cette première circonscription des Alpes-Maritimes.

Les autres candidats : Moussa Ba (Alliance écologiste indépendante), Christian Razeau (Conf pour l’homme, l’animal et la planète), Eric Boizet (Union populaire républicaine), Thomas Calvifiori (Debout la France), Sophie Taam (SE), Michel Cotta (CNIP), Diane Medus (Mouvement des progressistes) et Agnès Benkemoun (Lutte ouvrière).